[Édito] Céder c'est déjà perdre, combattre c'est déjà gagner

Publié le 18/05/2016 dans Actualités

 

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J’ai entamé mon livre Les premières victimes du transhumanisme en évoquant quelques événements récents auxquels j’avais été mêlé et qui m’avaient incité à reprendre la plume pour combattre l’eugénisme des enfants trisomiques : la censure par le Conseil supérieur de l’audiovisuel (pour ne pas culpabiliser les femmes qui ont avorté) d’une vidéo montrant que handicap et bonheur n’étaient pas inconciliables, les propos sur France Inter du Pr Jean-Didier Vincent qualifiant les trisomiques de « poisons », ceux du député Olivier Dussopt à l’Assemblée nationale s’étonnant qu’ils ne soient pas éliminés à 100 %... 

Hélas, la liste continue ! La journaliste Anne Sinclair sur Europe 1 vient de déclarer que l’eugénisme des enfants trisomiques était « un eugénisme protecteur, pour éviter des drames ». Le philosophe Luc Ferry, dans son dernier livre et les interviews qu’il a donnés, acte l’élimination en masse des enfants trisomiques sans émettre une once d’interrogation. Le philosophe Raphaël Enthoven sur Europe 1 s’emploie à démontrer que combattre l’avortement n’est pas chrétien. Le végétarien Aymeric Caron brandit l’étendard de l’antispécisme qui fait le lit du transhumanisme en refusant la supériorité de l’espèce humaine sur les espèces animales. Le Dr Laurent Alexandre fait au quotidien la propagande du transhumanisme en rappelant à tout propos le succès de l’éradication quasi complète de la trisomie. Etc.

Cette énumération n’est pas du masochisme mais du réalisme. Elle montre que, dans notre pays, le transhumanisme prospère à toute vitesse sur la marchandisation du vivant et les promesses d’un bonheur illusoire procuré par le progrès technoscientifique. Rien de nouveau sous le soleil par rapport au progressisme d’antan sauf que les structures de résistance traditionnelles – familles, autorités morales – ont explosé ou sont en fâcheuse posture.

Mais la Fondation Jérôme Lejeune n’abandonnera jamais sa mission parce qu’elle est difficile. Alors, de plus en plus, elle s’appuie sur un réseau international d’associations amies. Ce maillage permet de porter plus efficacement nos projets avec l'avantage de donner une visibilité meilleure à chaque réalisation. Ainsi la Fondation vient-elle de réussir le lancement à Paris de la Fédération UN DE NOUS avec, notamment, Jaime Mayor Oreja, (ancien ministre espagnol de l’intérieur et eurodéputé), Ian Figel (président d’un grand parti slovaque, ancien commissaire européen), Alberto Gallardon (ancien ministre espagnol de la justice), Katalin Novak (ministre hongroise de la famille) et bien d’autres personnalités. Ainsi la Fondation s’est-elle jointe à l’initiative de l’association italienne pour réaliser une vidéo de sensibilisation How Do You See Me? à l’occasion de la Journée mondiale 2016 de la trisomie 21.

Mais surtout, à la tentation si fréquente de « céder pour ne pas perdre », nous maintenons le choix de « combattre pour gagner » car céder c’est déjà perdre et combattre c’est déjà gagner.

Jean-Marie Le Méné,

Président de la Fondation Jérôme Lejeune

 

Jean-Marie Le Méné sera en conférence à Orange le samedi 21 mai à 18h30 à la Chapelle Saint-Louis. La conférence sera suivie d'une séance de dédicace de son dernier livre "Les premières victimes du transhumanisme". 



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