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2022, une année à forts enjeux pour la vie

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12 Jan 2022 2022, une année à forts enjeux pour la vie

2022 semble remplie d’incertitudes sur le front du combat pour la vie. La Fondation se bat pied à pied, et défend les derniers mètres avec les armes qui lui sont propres : son expertise en bioéthique, sa veille quotidienne sur l’actualité avec Gènéthique.org, son volet « manifestant » avec sa participation à la Marche pour la vie, ses actions menées au plan européen, ses recours au plan juridique. Rendez-vous au départ de la Marche pour la vie le dimanche 16 janvier à Paris.

L’année 2021 s’est terminée avec l’examen et le vote à l’Assemblée Nationale de la proposition de loi « visant à renforcer le droit à l’avortement ». Ce projet vise à permettre l’extension du délai légal de l’IVG de 12 à 14 semaines de grossesse, la possibilité pour les sages-femmes de procéder à IVG, la suppression du délai de 48h de réflexion suivant l’entretien psycho-social, rendant ainsi l’acte de plus en plus banal et permissif.

Opposé à l’allongement du délai d’avortement, le président de la République s’en est finalement remis à la « sagesse des députés ». Le texte a été adopté le 30 novembre. La Marche pour la vie était présente le jour du vote devant l’Assemblée nationale pour animer une conférence de presse unitaire avec les Associations Familiales Catholiques (AFC) et la Fondation Jérôme Lejeune. Seul motif de satisfaction : les députés n’ont pas voté la suppression de la clause de conscience spécifique, permettant aux médecins de refuser de pratiquer un avortement. La proposition de loi est inscrite à l’ordre du jour du Sénat le 19 janvier, raison de plus s’il en était pour répondre massivement à l’appel de la Marche pour la vie.

L’euthanasie au programme de la présidentielle ?
Lors du passage au parlement d’une proposition de loi sur l’euthanasie au printemps 2021 (qui sera rejetée plus tard au Sénat), le ministre de la santé Olivier Véran avait alors distillé quelques indices sur la volonté du gouvernement en la matière. Il fallait pour lui en faire un sujet de « débat national […] à l’occasion d’une élection ». Il ajoutait « nous n’avons pas, comme gouvernement, mandat pour donner un avis favorable à quelque chose qui n’a pas été présenté aux Français dans le cadre de la campagne présidentielle précédente […] Un sujet aussi sensible justifie d’en avertir les Français à l’occasion d’une élection […] ».

Comme pour conforter cela, l’entourage d’Emmanuel Macron l’a répété récemment à plusieurs reprises : « la fin de vie sera un thème de campagne ». L’actrice Line Renaud, proche du couple Macron mais également militante de longue date pour l’euthanasie, a affirmé en novembre dernier, que « l’aide active à mourir » ferait partie du programme de l’actuel président. Pour l’euthanasie, l’horizon semble donc fixé à la campagne présidentielle de 2022.

Au niveau européen, la France assure depuis le 1er janvier, la présidence de l’Union Européenne pour une durée de 6 mois. Le 9 décembre dernier, Emmanuel Macron exposait devant la presse les grandes priorités de cette présidence. À une question sur le renouvellement de la présidence du Parlement européen, et notamment sur la candidate du groupe PPE (droite), la Maltaise Roberta Metsola ayant pris des positions contre l’avortement, le chef de l’Etat répondait en ces termes : « je défends le droit des femmes à disposer librement de leur corps. Je ferai tout ce que je peux pour m’y opposer ». Même au niveau européen, une prise de position divergente de celle officielle en matière d’avortement est donc synonyme d’excommunication de tous postes à responsabilité.

Quant au Secrétaire d’État chargé des Affaires européennes, Clément Beaune, il déclarait en octobre 2020, au moment où la Pologne annonçait adopter des conditions plus restrictives dans l’accès à l’IVG, que si cela ne pouvait constituer aujourd’hui un motif d’exclusion de l’Union, il fallait évoluer sur ce point. Il ajoutait « Aujourd’hui, un pays ne peut plus rentrer dans l’Union européenne ou rester dedans s’il pratique la peine de mort. Je crois que c’est vers cela que nous devons aller. À terme, on devrait avoir un socle de droits, sans le respect effectif desquels on ne doit plus pouvoir à l’avenir adhérer ou rester dans l’Union européenne. Pour le Secrétaire d’Etat, « l’avortement fait partie de ces « droits » ». Il terminait en précisant « c’est un projet politique pour l’avenir ». Il n’est donc pas à exclure totalement que la présidence française de l’UE soit l’occasion pour le gouvernement d’avancer sur cette question.

C’est dans ce contexte politique français et européen défavorable que s’inscrit la prochaine Marche pour la vie. Elle aura lieu le dimanche 16 janvier 2022 à Paris. Plus que jamais, à l’orée de la séquence très politique des présidentielles, il est important de rejoindre l’aile marchante de la « défense de la vie » pour rendre visible cette mission capitale.

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