Bioéthique : l’injonction de traquer les embryons trisomiques a été donnée à l’Assemblée nationale !

La Fondation Jérôme Lejeune défend depuis plus de 20 ans la vie et la dignité des personnes porteuses de trisomie 21.

Hier, elle remerciait les nombreux députés qui ont dit non au tri et à la destruction des embryons porteurs de trisomie 21 (on parle de DPI-A= extension du DPI aux aneuploïdies).

A l’occasion des discours des groupes politiques expliquant leur vote officiel du projet de loi bioéthique, M. Philippe Vigier, Président du groupe Libertés et Territoires, a regretté que l’Assemblée n’ait pas adopté l’extension du DPI à la trisomie 21. Il n’a pas mâché  ses mots :

« Il faut traquer, oui je dis traquer, les embryons porteurs d’anomalies chromosomiques qui engendrent toujours (…) plus de souffrances pour les femmes ! »

La Fondation Jérôme Lejeune condamne ces propos eugénistes qui affectent profondément les personnes porteuses de trisomie 21 et leurs proches.

La prise de parole de M. Vigier est d’autant plus scandaleuse qu’il s’agit d’un discours officiel, préparé, lu à la tribune. Ces propos n’ont pas manqué de faire le buzz sur les réseaux sociaux parce que désormais les familles et les proches des personnes trisomiques ne se laissent plus faire. Les excuses du député ce matin ne changent rien au constat : la pensée eugéniste est désormais enracinée chez certains responsables politiques. Tout appel à la traque génétique doit être dénoncé, a fortiori quand il émane de ceux qui font la loi.

Les propos dégradants de M. Vigier ne sont pas isolés. M. le député Philippe Berta (MODEM), n’a pas hésité à insulter certains enfants porteurs de trisomie 21 en les comparants à des « légumes» lors de l’examen du projet de loi en commission spéciale bioéthique à l’Assemblée nationale. Déjà en 2011, un autre responsable politique, M.Olivier Dussopt (à l’époque député, aujourd’hui membre du gouvernement) s’interrogeait : « Quand j’entends que « malheureusement » 96% des grossesses pour lesquelles la trisomie 21 est repérée se terminent par une interruption de grossesse, la vraie question que je me pose, c’est pourquoi il en reste 4%. »

Curieusement on note le fait que beaucoup de ces députés qui font la promotion de revendications eugénistes ont un lien avec le monde médical ou scientifique, souvent par leur profession (ainsi M. Berta est généticien et M. Vigier travaille pour un laboratoire d’analyse médicale).

La Fondation Jérôme Lejeune s’interroge sur la proximité de certains avec des industriels de la médecine génomique qui peut laisser penser que ces revendications eugénistes pourraient être motivées par des intérêts privés.