Bourse postdoctorales : Deux lauréats pour cette édition 2019 !

Chaque année, un jury scientifique attribue une bourse postdoctorale à un ou deux chercheurs ayant déjà achevé un doctorat en sciences de la vie (PhD), pour leur permettre de poursuivre leurs recherches dans le cadre d’un projet postdoctoral lié à la trisomie 21 et aux pathologies dites « croisées ». Chaque bourse postdoctorale est d’un montant de 130 000 € pour une durée de deux ans. En 2019, deux chercheurs ont été récompensés. L’une des deux bourses est financée en partenariat avec la Fondation Sisley d’Ornano.

1ère lauréate : Dr Marta Fructuoso Castellar, PhD de l’Université de Barcelone

Le Dr Marta Fructuoso Castellar a déjà à son actif un remarquable palmarès de conférences et de publications internationales. Après avoir démarré sa carrière à Barcelone, Paris, Bordeaux et Strasbourg, c’est dans le département du Pr Marie-Claude Potier (Institut du Cerveau et de la Moelle épinière), à Paris, qu’elle a entrepris ses recherches.

Les recherches pour lesquelles elle a obtenu cette bourse postdoctorale portent sur un lieu très précis du cerveau : le locus coeruleus. Dans cette zone, le Dr Marta Fructuoso Castellar explorera pendant deux ans les voies moléculaires et les interactions cellulaires impliquées dans la dégénérescence, en lien avec les anomalies de la cognition dans la trisomie 21. Dans la maladie d’Alzheimer et la maladie de Parkinson, la perte cellulaire au niveau du locus coeruleus survient précocement. Cette zone est en interaction avec le cortex et l’hippocampe, deux zones du cerveau particulièrement importantes dans les processus de la mémoire, de l’attention et de l’éveil.

Le travail du Dr Marta Fructuoso Castellar nécessitera de faire des analyses sur des échantillons humains cérébraux post-mortem ainsi que sur des modèles murins adaptés, dans le respect des règles éthiques françaises et européennes. Différentes approches très techniques, dont l’utilisation de laser, de marqueurs spécifiques ou de techniques d’expression de gènes, permettront de comprendre le fonctionnement des cellules neuronales du locus coeruleus.

La compréhension des mécanismes moléculaires dans cette zone et du lien avec les phénomènes de neuro-dégénérescence sont nécessaires pour la mise au point de cibles thérapeutiques visant à contrer ce processus de neuro-dégénérescence et/ou permettre de revitaliser des fonctions altérées à cause de la destruction cellulaire du locus coerulus.

Ce travail sur les modèles animaux « trisomie 21 » apportera un bénéfice majeur dans les pathologies telles que la trisomie 21, la maladie d’Alzheimer et la maladie de Parkinson.

2nde lauréate : Dr Elsa Pittaras, PhD de l’Institut des Neurosciences de Paris-Saclay

La seconde bourse postdoctorale récompense le projet d’une jeune Française : le Dr Elsa Pittaras, en poste à l’Université de Stanford (USA). Cette dernière a effectué son doctorat en France dans l’équipe du Pr Sylvie Granon (neuropsychologie de la prise de décision à l’Institut des Neurosciences de Paris-Saclay) sur le rôle des biomarqueurs dans le sommeil et le comportement.

Le Dr Elsa Pittaras travaille au sein d’une équipe renommée et s’est spécialisée dans l’étude du sommeil, du rythme circadien et de l’apprentissage.

Son travail porte sur l’exploration d’une nouvelle cible thérapeutique dans la maladie d’Alzheimer et la trisomie 21, l’USP16. La présence de trois copies de ce gène sur le chromosome 21 entraîne une diminution du renouvellement cellulaire et une augmentation de la différenciation des cellules. Ses recherches s’intéressent à la morphologie du cerveau spécifique à ce gène dans la trisomie 21 et la maladie d’Alzheimer, ainsi que sur son fonctionnement. Ce gène est en lien avec l’apparition de plaques amyloïdes dans le cerveau, l’un des signes de la maladie d’Alzheimer.