Défense

Qu’est-ce que le diagnostic pré-implantatoire (DPI) ?

photo main tenant des éprouvette de laboratoire

Le Diagnostic pré-implantatoire

  • Le DPI-A c’est le diagnostic pré implantatoire des aneuploïdies. Ce test génétique est pratiqué dans le cadre de la procréation médicalement assistée (PMA).
  • Il vise à détecter et détruire dans l’éprouvette les embryons aneuploïdes c’est-à-dire les embryons qui comportent un nombre anormal de chromosomes (par exemple : les embryons porteurs d’une trisomie 21). 

 

1) Une technique qui véhicule un message de rejet du handicap

Trier les embryons dans l’éprouvette pour éviter l’implantation d’embryons porteurs d’une anomalie chromosomique revient à vouloir empêcher la naissance d’enfants porteurs de ces anomalies. La trisomie 21 étant l’anomalie chromosomique la plus fréquente, elle est particulièrement visée.

Le DPI-A véhicule un message collectif de rejet, de stigmatisation et de discrimination à l’égard des personnes porteuses de trisomie 21. Elle renforce l’idée qu’il vaut mieux que les enfants porteurs de ce handicap ne naissent pas, pour eux-mêmes, pour leurs parents, pour la société. Vouloir légaliser le DPI-A revient à dire collectivement que les personnes trisomiques n’ont pas la même dignité que nous. Ce message violent affaiblit le dynamisme, la solidité et l’intérêt d’une politique d’inclusion.

2) Une technique qui vise à établir une norme génétique

Etant par nature un test de tri et d’élimination des embryons sur un critère objectif (ici une caractéristique génétique), le DPI est eugénique. L’eugénisme est caractérisée quelle que soit l’information génétique recherchée (gène de la couleur des yeux, chromosomes XX ou XY, chromosomes 21 etc.).

Le professeur Jacques Testart, père scientifique du 1er bébé éprouvette, a alerté à de nombreuses reprises sur les dangers de cette technique.

« Il faut comprendre que le DPI permet de choisir le ‘meilleur’ enfant possible […] Contrairement à ce que beaucoup croient, ce n’est pas la violence autoritaire qui caractérise l’eugénisme, c’est la volonté plus ou moins consciente d’améliorer l’espèce. Celle-ci est de plus en plus pressante dans la biomédecine, dont les moyens scientifiques, techniques et économiques ont une puissance absolument inédite […]. Avec le tri des embryons à l’issue de la FIV, via le diagnostic génétique préimplantatoire (DPI), l’eugénisme nouveau, bienveillant et consensuel, que je combats depuis longtemps, pourra se manifester pleinement. »

Etendre le DPI aux aneuploïdies, notamment à la trisomie 21, aggrave cette dérive eugénique. Cela revient à établir une norme génétique. En 1994, le législateur a autorisé l’élimination dans l’éprouvette des embryons porteurs d’une maladie génétique d’une particulière gravité (par exemple les embryons porteurs de la mucovicidose). Aujourd’hui, certains veulent que les embryons trisomiques soient détruits. Et demain, à qui le tour ? La sélection par la DPI ne rencontre aucune limite.

Si le législateur français venait à autoriser le DPI-A, cela reviendrait à établir une liste de pathologies dont les porteurs seraient exclus de notre société. Une telle liste serait par nature extensible.

Aujourd’hui, la Grande-Bretagne est le seul pays qui a constitué une telle liste. Plus 600 maladies y sont référencées (cf. le site de la Haute autorité chargée de la régulation des activités d’assistance médicale à la procréation et à la recherche en embryologie).

Si le législateur français venait à autoriser le DPI-A, cela signifierait qu’il déciderait, au nom de la société, quel embryon peut vivre et quel embryon ne le peut pas. Une telle loi serait injuste. Parce qu’« autoriser cette pratique conduirait manifestement à une dérive eugénique », Mme Agnès Buzyn, alors Ministre de la santé, s’est fermement opposée à la légalisation de cette pratique.

3) Une technique qui aggrave l’eugénisme de la trisomie 21

D’après Mme Buzyn, la légalisation du DPI-A reviendrait à « inscrire dans la loi le tri des enfants avec la trisomie 21 ». Autrement dit, le DPI-A reviendrait à décider collectivement de l’élimination des êtres humains porteurs d’une trisomie.

Aujourd’hui, la quasi-totalité des fœtus porteurs d’une trisomie détectés pendant la naissance sont avortés. La sélection des embryons avant l’implantation via le DPI ne fera donc qu’aggraver cette élimination en masse des enfants à naître.

On ne peut en aucun cas justifier l’élimination des embryons trisomiques en laboratoire au motif que les fœtus trisomiques sont quasi systématiquement éliminés in utero. Ce constat doit au contraire susciter un regret et faire naître le désir chez les responsables politiques soucieux du bien commun d’inverser cette tendance mortifère.

4) Une technique qui constitue une manne financière pour les laboratoires

Le développement de la sélection génétique avant la naissance est une manne financière pour les industriels des tests génétiques. « Si l’on demande aux laboratoires d’ajouter un test d’anomalies chromosomiques pour tous les DPI qui ne le justifient pas au départ, cela va coûter cher à la société. En revanche, l’enjeu financier sera tout à fait intéressant pour les laboratoires – en particulier les établissements privés – qui vont développer ce type de tests. Faisons attention à ne pas nous laisser intoxiquer par des professionnels qui auraient des arrière-pensées plus financières que médicales ». (Propos du professeur Jean-Paul Bonnefont auditionné par la mission d’information parlementaire sur la révision de la loi de bioéthique le 18/10/2018)

Que prévoit la loi en vigueur ?

 

Le DPI-A n’est pas autorisé en France. En revanche, depuis les 1ères lois de bioéthique de 1994, peuvent recourir au DPI les couples (ou leurs ascendants directs) qui sont porteurs d’une « maladie génétique d’une particulière gravité reconnue comme incurable au moment du diagnostic». Aujourd’hui, le DPI est limité aux pathologies graves et héréditaires.

Dans le cadre de la révision de la loi de bioéthique en cours, certains parlementaires ont demandé, par voie d’amendement, l’extension du DPI à des anomalies du génome qui ne sont pas, en principe, héréditaires : les aneuploïdies ou anomalies du nombre de chromosomes.

Quelles sont les problématiques scientifiques posées par le DPI-A ?

Les promoteurs du DPI-A prétendent que cette technique améliorerait l’efficacité des fécondations in vitro (FIV) en diminuant le nombre de fausses couches. En réalité, il n’est pas prouvé que le DPI-A puisse permettre d’améliorer l’efficacité des FIV. « L’augmentation des chances de grossesse après un test d’aneuploïdie n’a jamais été formellement démontrée » comme l’a rappelé le Professeur Jean-Paul Bonnefont lors de son audition devant la mission d’information parlementaire le 18 octobre 2018. Une étude internationale qui a été présentée dans un congrès américain à la fin de l’année 2019 semble au contraire infirmer cette hypothèse. Elle a « démontré que le DPI-A chez les femmes de 25 à 40 ans n’améliorerait pas le succès de la réimplantation. Cette technique mènerait à la destruction d’embryons sains, tandis qu’on risquerait de ne pas détecter d’autres anomalies ». D’après cette étude, « le DPI-A ne semble pas mieux faire que l’examen morphologique des embryons ».Il semble donc que le DPI-A ne permettrait pas de faire diminuer le nombre de fausses couches dans le cadre des PMA.

Il faut également préciser qu’avec le DPI-A, il y a un risque d’éliminer des embryons potentiellement sains. Le DPI-A expose à des risques de faux positifs. « On peut estimer qu’un embryon est porteur d’une anomalie chromosomique alors que ce n’est pas le cas.»
De plus, les embryons au début de leur développement ont la faculté de s’autocorriger. « Certaines anomalies chromosomiques constatées sur des embryons se corrigent de façon spontanée. Si l’on élimine ces embryons, on ne peut pas constater cette correction. » (Propos du Professeur Jean-Paul Bonnefont)

Il faut enfin noter le risque de nocivité du DPI-A qui a été souligné par M. le député Jean-François Eliou, médecin et membre de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques, mais aussi par l’Agence de la biomédecine et le Conseil d’Etat. Le risque que le DPI-A rende l’embryon non viable, c’est-à-dire l’abîme, voire le détruise, n’est pas exclu.

Dans le cadre de la révision de la loi de bioéthique, l’Assemblée nationale et le Sénat en 1ère lecture, suivant l’avis du gouvernement, se sont opposés à la légalisation du DPI-A.

La commission bioéthique de l’Assemblée nationale a intégré le DPI-A dans le projet de loi lors de la 2ème lecture. Les députés débattront à nouveau de ce sujet en séance à la fin du mois de juillet. Opposé au DPI-A, le gouvernement a déposé un amendement visant à supprimer cette disposition du projet de loi.

Quelles sont les problématiques éthiques posées par le DPI-A ?

 

1) Une technique qui véhicule un message de rejet du handicap

Trier les embryons dans l’éprouvette pour éviter l’implantation d’embryons porteurs d’une anomalie chromosomique revient à vouloir empêcher la naissance d’enfants porteurs de ces anomalies. La trisomie 21 étant l’anomalie chromosomique la plus fréquente, elle est particulièrement visée.

Le DPI-A véhicule un message collectif de rejet, de stigmatisation et de discrimination à l’égard des personnes porteuses de trisomie 21. Elle renforce l’idée qu’il vaut mieux que les enfants porteurs de ce handicap ne naissent pas, pour eux-mêmes, pour leurs parents, pour la société. Vouloir légaliser le DPI-A revient à dire collectivement que les personnes trisomiques n’ont pas la même dignité que nous. Ce message violent affaiblit le dynamisme, la solidité et l’intérêt d’une politique d’inclusion.

 

2) Une technique qui vise à établir une norme génétique

Etant par nature un test de tri et d’élimination des embryons sur un critère objectif (ici une caractéristique génétique), le DPI est eugénique. L’eugénisme est caractérisée quelle que soit l’information génétique recherchée (gène de la couleur des yeux, chromosomes XX ou XY, chromosomes 21 etc.).

Le professeur Jacques Testart, père scientifique du 1er bébé éprouvette, a alerté à de nombreuses reprises sur les dangers de cette technique.

Il faut comprendre que le DPI permet de choisir le ‘meilleur’ enfant possible […] Contrairement à ce que beaucoup croient, ce n’est pas la violence autoritaire qui caractérise l’eugénisme, c’est la volonté plus ou moins consciente d’améliorer l’espèce. Celle-ci est de plus en plus pressante dans la biomédecine, dont les moyens scientifiques, techniques et économiques ont une puissance absolument inédite […]. Avec le tri des embryons à l’issue de la FIV, via le diagnostic génétique préimplantatoire (DPI), l’eugénisme nouveau, bienveillant et consensuel, que je combats depuis longtemps, pourra se manifester pleinement.

Etendre le DPI aux aneuploïdies, notamment à la trisomie 21, aggrave cette dérive eugénique. Cela revient à établir une norme génétique. En 1994, le législateur a autorisé l’élimination dans l’éprouvette des embryons porteurs d’une maladie génétique d’une particulière gravité (par exemple les embryons porteurs de la mucovicidose). Aujourd’hui, certains veulent que les embryons trisomiques soient détruits. Et demain, à qui le tour ? La sélection par la DPI ne rencontre aucune limite.

Si le législateur français venait à autoriser le DPI-A, cela reviendrait à établir une liste de pathologies dont les porteurs seraient exclus de notre société. Une telle liste serait par nature extensible.

Aujourd’hui, la Grande-Bretagne est le seul pays qui a constitué une telle liste. Plus 600 maladies y sont référencées (cf. le site de la Haute autorité chargée de la régulation des activités d’assistance médicale à la procréation et à la recherche en embryologie).

Si le législateur français venait à autoriser le DPI-A, cela signifierait qu’il déciderait, au nom de la société, quel embryon peut vivre et quel embryon ne le peut pas. Une telle loi serait injuste. Parce qu’« autoriser cette pratique conduirait manifestement à une dérive eugénique », Mme Agnès Buzyn, alors Ministre de la santé, s’est fermement opposée à la légalisation de cette pratique.

 

3) Une technique qui aggrave l’eugénisme de la trisomie 21

D’après Mme Buzyn, la légalisation du DPI-A reviendrait à « inscrire dans la loi le tri des enfants avec la trisomie 21 ». Autrement dit, le DPI-A reviendrait à décider collectivement de l’élimination des êtres humains porteurs d’une trisomie.

Aujourd’hui, la quasi-totalité des fœtus porteurs d’une trisomie détectés pendant la naissance sont avortés. La sélection des embryons avant l’implantation via le DPI ne fera donc qu’aggraver cette élimination en masse des enfants à naître.

On ne peut en aucun cas justifier l’élimination des embryons trisomiques en laboratoire au motif que les fœtus trisomiques sont quasi systématiquement éliminés in utero. Ce constat doit au contraire susciter un regret et faire naître le désir chez les responsables politiques soucieux du bien commun d’inverser cette tendance mortifère.

4) Une technique qui constitue une manne financière pour les laboratoires

Le développement de la sélection génétique avant la naissance est une manne financière pour les industriels des tests génétiques. « Si l’on demande aux laboratoires d’ajouter un test d’anomalies chromosomiques pour tous les DPI qui ne le justifient pas au départ, cela va coûter cher à la société. En revanche, l’enjeu financier sera tout à fait intéressant pour les laboratoires – en particulier les établissements privés – qui vont développer ce type de tests. Faisons attention à ne pas nous laisser intoxiquer par des professionnels qui auraient des arrière-pensées plus financières que médicales ». (Propos du professeur Jean-Paul Bonnefont auditionné par la mission d’information parlementaire sur la révision de la loi de bioéthique le 18/10/2018)

Quelles sont les problématiques scientifiques posées par le Diagnostic pré-implantatoire ?

Les promoteurs du DPI-A prétendent que cette technique améliorerait l’efficacité des fécondations in vitro (FIV) en diminuant le nombre de fausses couches. En réalité, il n’est pas prouvé que le DPI-A puisse permettre d’améliorer l’efficacité des FIV. « L’augmentation des chances de grossesse après un test d’aneuploïdie n’a jamais été formellement démontrée » comme l’a rappelé le Professeur Jean-Paul Bonnefont lors de son audition devant la mission d’information parlementaire le 18 octobre 2018. Une étude internationale qui a été présentée dans un congrès américain à la fin de l’année 2019 semble au contraire infirmer cette hypothèse. Elle a « démontré que le DPI-A chez les femmes de 25 à 40 ans n’améliorerait pas le succès de la réimplantation. Cette technique mènerait à la destruction d’embryons sains, tandis qu’on risquerait de ne pas détecter d’autres anomalies ». D’après cette étude, « le DPI-A ne semble pas mieux faire que l’examen morphologique des embryons ».Il semble donc que le DPI-A ne permettrait pas de faire diminuer le nombre de fausses couches dans le cadre des PMA.

Il faut également préciser qu’avec le DPI-A, il y a un risque d’éliminer des embryons potentiellement sains.

  • Le DPI-A expose à des risques de faux positifs.

« On peut estimer qu’un embryon est porteur d’une anomalie chromosomique alors que ce n’est pas le cas.»

  • De plus, les embryons au début de leur développement ont la faculté de s’autocorriger.

« Certaines anomalies chromosomiques constatées sur des embryons se corrigent de façon spontanée. Si l’on élimine ces embryons, on ne peut pas constater cette correction. » (Propos du Professeur Jean-Paul Bonnefont)

Il faut enfin noter le risque de nocivité du DPI-A qui a été souligné par M. le député Jean-François Eliou, médecin et membre de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques, mais aussi par l’Agence de la biomédecine et le Conseil d’Etat. Le risque que le DPI-A rende l’embryon non viable, c’est-à-dire l’abîme, voire le détruise, n’est pas exclu.

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Qu'en est-il aujourd'hui dans la loi de bioéthique 2020 ?

Dans le cadre de la révision de la loi de bioéthique, l’Assemblée nationale et le Sénat en 1ère lecture, suivant l’avis du gouvernement, se sont opposés à la légalisation du DPI-A.

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