Le dépistage prénatal de la trisomie 21 s’intensifie

Article extrait de l’hebdomadaire Famille Chrétienne. À lire intégralement ICI

La Haute Autorité de santé a donné son feu vert à un dépistage prénatal non invasif. La Fondation Jérôme-Lejeune dénonce l’intensification de la traque des fœtus trisomiques.

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Mentalités eugénistes

À la Fondation Jérôme-Lejeune, ces recommandations provoquent un tollé. « Plus on dépiste, plus on élimine », fustige-t-elle, rappelant que 96 % des fœtus détectés trisomiques sont avortés en France. « Depuis vingt ans, notre système de santé, qui pousse à la détection prénatale des enfants trisomiques, a développé les pratiques mais aussi les mentalités eugénistes. L’insertion de ce nouveau test va conduire à augmenter le nombre de bébés trisomiques supprimés », prévient-elle. La répercussion de ce nouveau dépistage sur le nombre d’interruptions médicales de grossesse n’a d’ailleurs pas été prise en compte par la HAS. C’est elle-même qui l’indique dès le début de son rapport : « Le choix des femmes de poursuivre ou non leur grossesse après obtention d’une confirmation diagnostique prénatale n’a pas été modélisé. »

Les auteurs de l’avis ont donc préféré s’en laver les mains, estimant que le choix de poursuivre ou non une grossesse appartenait uniquement aux femmes enceintes concernées. « L’objectif d’une procédure de dépistage de la trisomie 21 est de permettre à la femme enceinte de disposer d’une pleine autonomie au regard de son choix d’accueillir ou non un enfant », écrivent-ils. Certaines études étrangères mentionnées dans l’avis évoquent pourtant le lien entre dépistage et nombre d’avortements. Par acquit de conscience, la HAS a tenu à préciser que « ni le dépistage prénatal ni l’interruption médicale de grossesse ne doivent être présentés comme une obligation », et rappelle « l’importance de soutenir, de protéger et d’intégrer les personnes porteuses d’une trisomie 21 et de donner à chaque membre de la société les mêmes droits ».

La trisomie « rendue mortelle »

Des paroles qui ne coûtent pas cher et ne pèsent pas bien lourd au regard de la réalité. « Un pays qui élimine en masse les enfants trisomiques avant leur naissance doit d’abord repenser collectivement le bien-fondé d’une offre de soins qui conduit à rendre mortelle une pathologie, la trisomie 21, qui ne l’est pas », réagit Jean-Marie Le Méné, président de la Fondation Lejeune et auteur en 2016 d’un ouvrage sur ce nouveau test, Les Premières Victimes du transhumanisme. Il dénonce avec la plus grande fermeté l’argument trompeur d’une diminution des amniocentèses brandi par les médecins et la HAS. « Ils justifient leur demande en invoquant une baisse des amniocentèses qui provoquent l’élimination d’enfants sains. Ils utilisent un argument eugéniste, qui tend à discriminer les “fœtus trisomiques” des “fœtus sains”. En valorisant la vie des enfants non atteints, à épargner grâce au test non invasif, ces médecins nient la valeur de la vie des enfants atteints de trisomie 21. Ce faisant, ils activent une discrimination, ils délivrent un message de rejet violent aux personnes trisomiques et à leurs proches. »

Après la parution d’un premier décret le 7 mai sur l’utilisation de ces tests ADN, un autre arrêté devait prochainement intervenir pour permettre leur introduction effective dans le dispositif officiel, et leur remboursement.