Des nouvelles encourageantes de la recherche sur la trisomie 21

nouvellesdelarecherchet21 2Interview du Dr Jean Maurice Delabar, envoyé spécial de la Fondation Jérôme Lejeune à Santa Fe dans l’Etat du Nouveau Mexique (USA).

Du 24 au 27 janvier 2016, le Docteur Jean-Maurice Delabara participé grâce à la Fondation Jérôme Lejeune au congrès sur la trisomie 21 organisé par le Keystone Symposia on Molecular and Cellular Biology, qui avait choisi cette pathologie comme thème d’une de ses réunions. Cette rencontre de quatre vingt dix chercheurs internationaux a permis de faire le point sur les anomalies liées à la trisomie 21, essentiellement dans un domaine fondamental (génétique et biologie cellulaire).

Que retenez-vous de ce congrès ?

nouvellesdelarecherchet21 3Les méthodes se précisent et deviennent de plus en plus efficaces, les nouveaux outils en génétique permettent d’aller toujours plus vite. En particulier, le développement du séquençage de l’ARN permet une vision plus globale de l’expression des gènes du chromosome 21.

L’un des aspects nouveaux a été présenté par deux équipes : elles ont construit des modèles animaux de trisomies partielles, c’est-à-dire avec ajout d’une partie seulement des gènes du chromosome 21. Ainsi, à l’aide de ces modèles animaux spécifiques, il est devenu possible de mieux comprendre les interactions des gènes entre eux, et d’établir une cartographie des phénotypes (signes cliniques) associés à un remaniement spécifique du génome. Par exemple, une région très particulière du chromosome 21 semble liée à la survenue d’anomalie cardiaque ; une autre région porteuse du gène CBS semble étroitement liée à la survenue de troubles cognitifs. Par ailleurs, des travaux sur les cellules souches trisomie 21 ont confirmé des anomalies du développement de celles-ci ainsi que de leur capacité à se connecter entre elles une fois différenciées en neurones. Toute une session a porté sur la régulation des gènes qui peut varier en fonction du développement. Ce point majeur permet de définir de potentielles cibles thérapeutiques.

Dans le cadre des troubles de la cognition et de la maladie d’Alzheimer associée à la trisomie 21, le travail des chercheurs permet de mieux appréhender et comprendre les bases physiopathologiques et de trouver des marqueurs de la maladie.

Quels pourraient être les cibles potentielles et espoirs thérapeutiques à venir ?

Les espoirs se précisent ! L’analyse de la régulation des gènes dans la cellule tant chez la souris que chez l’homme permet d’envisager pour le futur certaines cibles thérapeutiques. L’utilisation d’un inhibiteur synthétique de DYRK1A22 permet de rétablir les capacités d’apprentissage dans un modèle murin de trisomie partielle. D’autres molécules dont un antagoniste d’un récepteur 5HT6, la fluoxétine et l’apigénine ont été évoquées. Un gène appelé Xist, semblerait inhiber en culture un des chromosomes surnuméraires.

1 Chercheur à l’Institut du Cerveau et de la Moelle épinière (ICM, La Salpêtrière-Paris) et membre du conseil scientifique de la Fondation Jérôme Lejeune.
2 Le gène DYRK1A, situé sur le chromosome 21, code pour une enzyme impliquée dans le développement cérébral. L’Epigallocathéchine gallate (EGCG), découverte par le Docteur Delabar est un des produits inhibant ce gène DYRK1A et qui pourrait diminuer les troubles cognitifs.

 

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