Développer un traitement : l’ordre de bataille

CiBleS21 est un « nom de guerre » : il désigne le 1 er programme mondial à visée thérapeutique, lancé en 2004 par la Fondation, pour déclencher les hostilités contre la déficience intellectuelle liée à la trisomie 21.

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CiBleS21 est un « nom de guerre » : il désigne le 1 er programme mondial à visée thérapeutique, lancé en 2004 par la Fondation, pour déclencher les hostilités contre la déficience intellectuelle liée à la trisomie 21.

Une déclaration de guerre contre la déficience liée à la trisomie 21

Sa cible ? Inhiber l’enzyme CBS * , en excès chez les personnes souffrant de trisomie 21, pour augmenter leur capacité cognitive et leur permettre de vivre une réelle autonomie.

Après cinq ans d’efforts intenses, vingt équipes mobilisées dans le monde entier, les recherches progressent. Le point sur les avancées de CiBleS21 avec le Dr Henri Bléhaut, directeur de la recherche de la Fondation.

« La CBS est plus difficile à inhiber que la quasi-totalité des enzymes. Alors que nous pensions, en 2004, terminer cette étape en deux ans, la recherche d’inhibiteurs bat son plein actuellement. En dépit des difficultés, notre détermination reste intacte : trouver un traitement est le seul moyen digne de la médecine de lutter définitivement contre la trisomie 21.

Et nous avons déjà beaucoup avancé : après avoir étudié plus de deux millions de molécules sur ordinateur, nous avons évalué près de 250 000 molécules en tube à essai, réalisé la synthèse de l’enzyme CBS (forme entière et forme tronquée cristallisable), mis au point des modèles cellulaires et animaux, et synthétisé des centaines de nouvelles molécules inconnues jusqu’alors.

Cette quête de nouvelles molécules, poursuivie à travers des voies de recherches classiques donne lieu à des études plus spécialisées, telles celles réalisées par cristallographie, qui vont nous ouvrir de nouvelles perspectives. Ces travaux nous amènent à coordonner une vingtaine d’équipes de recherche en France, aux États-Unis, en Allemagne, en Espagne et en Inde.

Si le CBS se révèle particulièrement difficile à inhiber, si l’horizon pour trouver un médicament est toujours trop long (une quinzaine d’années en moyenne), des résultats récents nous permettent d’espérer : nous finirons j’en suis convaincu par y parvenir ! C’est vital pour nos patients. »

Le programme Cibles21

La Fondation Jérôme Lejeune dirige, finance et coordonne un ensemble d’expertises portées par des équipes internationales, pluridisciplinaires et interactives

Molecule CBS


CBS

Trois lettres qui désignent la cystathionine béta-synthase, fortement soupçonnée de jouer un rôle dans la déficience mentale.

CBS photo

Une intuition géniale

Dans les années 1970, bien avant la localisation du gène de la CBS (cystathionine béta-synthase), Jérôme Lejeune et Marie-Odile Rethoré avaient remarqué que les patients homocystinuriques, présentant un déficit de CBS étaient physiquement à l’opposé des patients trisomiques 21.

Ils en avaient déduit que les patients porteurs d’une trisomie 21 avaient une CBS qui fonctionnait trop, donc que le gène CBS se trouvait sans doute en trois exemplaires sur le chromosome 21. Intuition géniale et hypothèse confirmée par la publication de Skovby F, Krassikoff N, Francke U. Skovby F, Krassikoff N, Francke U.

Assignment of the gene for cystathionine beta-synthase to human chromosome 21 in somatic cell hybrids. Hum Genet. 1984;65(3):291-4.

« Trouver un traitement par la pharmacologie classique paraissait illusoire à beaucoup ; désormais, cette hypothèse tend à devenir réaliste».
François Bellamy