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Pourquoi dire non à la « mort choisie » ?

Pourquoi dire non à la « mort choisie » ?

Pourquoi dire non à "la mort choisie"

Après avoir sillonné la France pour présenter le documentaire Mourir n’est pas tuer dans plus de 130 villes, la Fondation Jérôme Lejeune a constaté combien les Français avaient besoin d’arguments pour contrer ceux qui sont martelés par les partisans de l’euthanasie. A force de « déconstruction », il devient nécessaire de s’expliquer sur l’évidence de la protection de la vie humaine. Aussi, en parallèle des débats politiques et face à l’emprise émotionnelle, mortifère, entretenue sur ces questions, il est essentiel de revenir à la raison. Il est en effet raisonnable de s’opposer à l’euthanasie parce que :

#Souffrance

Aujourd’hui, les progrès de la médecine permettent de soulager les souffrances les plus réfractaires. Lorsqu’ils sont bien pris en charge, les patients ne veulent pas être euthanasiés.

#Soin

Administrer la mort, ce n’est pas soulager la souffrance. On ne soulage pas des souffrances en faisant mourir le patient. « Donner la mort n’est pas un soin », comme l’affirmaient, en février 2023, 13 organisations représentant 800 000 soignants engagés dans les soins de fin de vie qui refusent d’assumer cette responsabilité (Donner la mort peut-il être considéré comme un soin). Ce n’est pas le rôle des soignants, « c’en est même le contraire exact », souligne Michel Houellebecq (Euthanasie, bienvenue dans le monde inhumain de Soleil vert !).

#Liberté

Légaliser un « droit de mourir » crée obligatoirement « un devoir de tuer ». Cela impacte tout le monde : les soignants, les proches mais aussi toute la société car une telle mesure créera un impensé collectif que les personnes malades, âgées ou dépendantes sont un poids inutile et contribuera à banaliser un acte violent qui peut avoir un effet incitatif sur les personnes vulnérables qui seront conduites à « l’auto-effacement » selon les mots de Jean-Christophe Combe, ancien ministre des solidarités. Telle personne âgée, telle personne handicapée préfèreront demander la mort, estimant qu’ils sont devenus un « poids » pour leurs proches. « Dans une société où l’aide à mourir est possible, les personnes sont confrontées à l’un des choix les plus déshumanisants : est-ce que je veux continuer à vivre ou est-ce que je veux mettre fin à ma vie ? », Théo Boer, professeur d’éthique aux Pays-Bas, A certains endroits des Pays-Bas, jusqu’à 15% des décès sont dus à l’euthanasie.

#Soignants

S’engager dans la voie de l’aide médicale à mourir aura pour conséquence de dénaturer la mission des soignants et de fragiliser la relation de confiance avec les patients. Quelle garantie, demain, que les équipes médicales feront le maximum pour soigner et sauver ? Les personnes tentées par le suicide seront-elles abandonnées à la mort ? Paradoxalement, « cela crée une dépendance nouvelle et profonde des patients à l’égard de leur médecin », Théo Boer, professeur d’éthique aux Pays-Bas, A certains endroits des Pays-Bas, jusqu’à 15% des décès sont dus à l’euthanasie.

#Dignité

Une infirmière voit un homme âgé, blessé au pouce. Il lui demande de se dépêcher de le soigner ; il doit vite partir parce qu’il va, chaque jour, voir sa femme atteinte de la maladie d’Alzheimer. A l’infirmière qui s’étonne, il explique : « Elle ne me reconnait jamais, mais moi, je sais encore qui elle est », Pour que Gaspard n’oublie pas qu’il est digne jusqu’au bout. La dignité signifie le respect inconditionnel dû à chacun. Ses vraies failles sont la solitude et l’abandon qui font perdre à la personne l’estime qu’elle a d’elle-même et détruisent son sentiment de dignité. Là où certains voudraient arrêter la vie, il faut en insuffler davantage. C’est tout l’enjeu des soins palliatifs.

#Progrès

L’interdit de tuer est le repère fondamental de toute société civilisée. C’est la raison d’être du contrat social issu des philosophes des lumières, qui permet à tous de vivre en sécurité. C’est la marque des sociétés démocratiques modernes. C’est pour cette raison que la peine de mort a été abolie en 1981. L’euthanasie et le suicide assisté ne sont pas un progrès mais une régression sociale, ils sont synonymes d’une « décivilisation ». Peu de pays l’ont légalisé.

#Economie

Comment peut-on penser que l’on développera les soins palliatifs en même temps que l’on légalisera l’euthanasie et le suicide assisté ? Il est moins cher d’injecter un produit pour supprimer le patient que de mobiliser toute une équipe pour prendre en charge ses besoins physiques, psychologiques, humains. Les mutuelles le savent, elles sont favorables à la légalisation de l’euthanasie.

#Encadrement

Tous les pays qui ont ouvert l’euthanasie ou le suicide assisté sous conditions très restrictives, ne cessent de les élargir. En Belgique, en 20 ans, les euthanasies ont été multipliées par 10. Des mineurs, des personnes dépressives ou âgées, des détenus sont euthanasiés. Au Canada, des personnes handicapées ou sans domicile fixe. Aux Pays-Bas, des personnes autistes ou porteuses de trisomie 21 sont euthanasiées sur ce seul motif. De plus en plus de personnes se lèvent dans ces pays pour demander un retour en arrière. Le modèle de fin de vie « à la française » ne ferait pas exception, les dérives sont inévitables, une telle voie ne peut être qu’une pente glissante

#contrôle

Dans tous les pays où la législation permet la « mort assistée », le nombre de décès provoqués a explosé. C’est devenu une cause de mortalité à part entière et les modalités de contrôle s’avèrent particulièrement défaillantes. En 2021, 4,5% des décès aux Pays-Bas étaient des euthanasies. Un record mondial qui leur a valu un rappel à l’ordre du Comité des droits de l’homme de l’ONU. En 2022, la Cour Européenne des Droits de l’Homme (CEDH) a condamné la Belgique estimant que la Commission de contrôle était défaillante.

#Manifeste

A-t-on pensé aux malades qui veulent vivre ? 110 personnes handicapées, malades, porteuses de handicaps ont signé un Manifeste pour s’opposer à la violence d’un droit de mourir à la demande qui les condamne. Elles estiment que « beaucoup de ceux qui militent pour réclamer un droit de mourir sont le plus souvent en bonne santé ; ils ont réussi dans la vie et peuvent témoigner d’un confort et d’une position sociale auxquels, du fait même du handicap ou de la maladie, nous ne pouvons prétendre ». Pour elles, « l’euthanasie ne combat pas le «mal mourir», elle le consacre ».

#Autonomie

Quand certains réclament un droit à mourir dans la dignité, ils sous-entendent que celui qui a perdu toute autonomie, celui que la souffrance rend dépendant et vulnérable, perd sa dignité avec sa liberté. Pourtant, l’euthanasie apparait moins comme une dernière preuve d’autonomie (quelle autonomie possible pour les mineurs ou les handicapés mentaux ?) que comme la conséquence d’un manque d’autonomie sanctionné par une décision extérieure : « Il fallait auparavant être autonome pour bénéficier de l’euthanasie, il suffit désormais d’être vulnérable pour la subir », Marianne Durano, Digne de mourir… ou digne de vivre ?.

#Compassion

La juste compassion accueille la souffrance de l’autre : elle l’écoute, considère sa personne, ne le réduit pas à sa maladie. Elle agit au mieux pour soulager. « L’authentique compassion refuse avec une énergie égale la souffrance et le meurtre d’autrui », Jacques Ricot, « L’homme de ce temps a le cœur dur et la tripe sensible », Georges Bernanos.

#Agonie

« C’est souvent dans les dernières heures du cheminement terrestre que peuvent se vivre tant d’événements inoubliables qui éclaireront à jamais la vie de ceux qui restent », Beatrix Paillot, gériatre. Combien de paroles lumineuses, de gestes signifiants, de manifestations de tendresse et de réconciliations inattendues s’expriment dans les dernières heures. L’agonie elle-même « a toujours été considérée comme un moment important de l’existence. (…) Abréger indument l’agonie est à la fois impie (pour ceux que ça concerne) et immoral (pour tout le monde) : voilà ce qu’ont pensé toutes les civilisations, les religions, les cultures qui nous ont précédés ; voilà ce qu’un prétendu progressisme s’apprête à détruite », Michel Houellebecq (Euthanasie, bienvenue dans le monde de Soleil vert !). Agonie dont l’etymologie vient d’ « angoisse de la mort »

#Témoignage

Une femme ayant un cancer généralisé était arrivée en fin de vie et elle était suivie dans un service de soins palliatifs. Elle avait eu une vie mouvementée mais elle avait pu se réconcilier avec sa fille qui faisait tous les jours un long trajet pour venir la voir. Pendant trois semaines, elle a demandé l’euthanasie matin et soir. Malgré l’encadrement attentif de l’équipe soignante, les visites de sa fille, une souffrance physique apaisée, elle s’obstinait à demander à mourir.
Au bout des trois semaines, l’équipe soignante lui a proposé de se rapprocher de sa fille. Elle a immédiatement répondu : « Je n’osais pas vous le demander ». Il lui paraissait moins violent de demander l’euthanasie ! Quand elle est arrivée dans la nouvelle structure, elle avait résolu ses contradictions et elle est morte dans les 48 heures. La malade avait toujours posé des difficultés à sa fille et elle avait besoin de lui montrer son amour : « Je me rapproche de toi ». Elle avait aussi peur de décevoir une équipe qu’elle affectionnait et dont elle était totalement dépendante. Pour l’équipe, l’attachement était excessif. L’autonomie est née de l’échange des fragilités. La plupart des demandes d’euthanasie sont construites sur ce schéma.
Légiférer sur la sédation, c’est renoncer aux vraies questions sur la fin de vie

#Loi

La solution aux questions de la fin de vie ne se trouve pas dans la loi : « Aucune loi ne saurait répondre aux souffrances de notre confrontation à la mort », explique le philosophe Emmanuel Hirsh, parce que « le tragique, le drame de d’indécidabilité, n’est soluble ni dans le juridique, ni dans l’éthique », Dominique Folsheid, Philosophe. La mise en place d’une loi autorisant l’aide médicale à mourir serait lourde de conséquences : « Le jour où une loi donnera à un médecin le droit d’abréger la vie, nous entrerons dans une forme de barbarie », François Mitterrand, ancien président de la République décédé en 1995.

Pour aller plus loin : un manuel gratuit sur l'euthanasie

EuthanasieManuel

Le manuel sur l’euthanasie de la fondation Jérôme Lejeune est rédigé par un comité d’experts, scientifiques, médecins et philosophes.

Il s’adresse aux jeunes et aussi aux éducateurs, formateurs, professeurs, parents et professionnels de la santé.

Ce Manuel gratuit, pédagogique et accessible, de 66 pages, a pour but d’expliquer de façon claire les différentes questions posées par l’euthanasie.

Ces éléments pédagogiques sont assortis de citations, de témoignages et illustrés par des dessins.

Ce manuel est d’autant plus utile dans une actualité chargée de débats sur la fin de vie : médiatisation de sorties de comas, les différents projets de loi (Leonetti, Leonetti-Claeys), cas de Vincent Lambert, procès du Dr Bonnemaison…

 

Euthanasie dessin de presse

Les 5 parties du manuel sur l'euthanasie : 

  • Définitions. Elle apporte des précisions sur les évolutions sémantiques et les formes d’euthanasies qui existent.
  • Ethique. Elle fonde sur le plan anthropologique les questions liées à la dignité de l’homme en fin de vie.
  • Médecine. Cette partie approfondit le rôle de la médecine et la responsabilité du médecin.
  • Droit. Cette partie revient sur l’actualité, comme le cas de Vincent Lambert.
  • Solutions. Il s’agit ici de développer la philosophie qui sous-tend les soins palliatifs.