Dr Theresa Burke, fondatrice de la Vigne de Rachel

Guérir de la souffrance post-abortive est possible : expérience et témoignage.

Theresa Burke

Dr Theresa Burke lors de sa venue à la Fondation Jérôme Lejeune.

Guérir de la souffrance post-abortive est possible : expérience et témoignage.

Ces dernières années, les Etats-Unis ont vu baisser le nombre des avortements. Alors qu’à la fin des années 1990, 43% des femmes avaient avorté au moins une fois, elles sont aujourd’hui 37%. Cette évolution, qu’on n’aurait pas plus imaginé aux Etats-Unis qu’on ne l’imaginerait aujourd’hui en France, s’explique essentiellement par la très forte implication de femmes : celles qui, après des années de souffrances faisant suite à un avortement, ont fait le choix d’aider celles qui envisagent d’avorter. D’autres, comme le Dr Theresa Burke, ont mis en place des sessions de guérison pour celles qui ont avorté. La Vigne de Rachel, mouvement dont elle est la fondatrice, connaît une expansion fulgurante dans le monde.

Docteur, comment avez-vous pris conscience de la souffrance spécifique de l’avortement ?

En 1984, alors que je finissais mes études de psychologie, j’ai fait un stage auprès de personnes soignées pour des désordres alimentaires (anorexie, boulimie, etc). Au cours d’une séance en groupe, l’une d’elles a évoqué les symptômes dépressifs dont elle souffrait depuis un avortement. Cela a été un déclencheur : toutes les femmes du groupe, sauf deux, ont témoigné de la même souffrance. Cependant, mon directeur de stage m’a demandé ensuite de ne plus évoquer cette question et de m’en tenir aux symptômes… du désordre alimentaire.

Un peu plus tard, c’est auprès de mères qu’il fallait aider à allaiter que j’ai à nouveau rencontré cette souffrance : il était en effet très difficile pour certaines de se détendre comme il convient pour allaiter. J’ai compris petit à petit qu’il s’agissait de celles qui avaient vécu un avortement. Mais, là encore, mon directeur de service m’a demandé de garder pour moi ce genre de “ constat ”. J’ai fait tout le contraire, puisque j’ai ensuite mené une étude approfondie sur le syndrome post-abortif et publié un ouvrage, Le chagrin interdit (Forbidden Grief).

Les femmes qui ont avorté sont-elles toutes concernées par la souffrance post-abortive ?

Oui, je pense que toutes en souffrent à un moment ou à un autre : dès après l’avortement ou bien plus tard, à la suite d’un autre événement (naissance, deuil, maladie…). La difficulté à soigner les troubles psychologiques induits par l’avortement est double : souvent, les femmes ne font pas le lien entre leur mal-être et l’avortement, tandis que d’autres ne ressentent plus rien, sont comme anesthésiées. D’après les études, environ 65% des femmes qui ont avorté ont des tendances suicidaires et 17 à 20% ont fait des tentatives de suicide.

Le traumatisme post-abortif concerne aussi les couples et les familles, parfois même jusqu’aux grands-parents. Le personnel médical est également concerné et, en fait, tous ceux qui ont été impliqués ou témoins d’un ou plusieurs actes abortifs. C’est pourquoi cette question concerne la société toute entière. Et les statistiques montrent que 50% des femmes qui ont avorté, avortent une deuxième fois, car la femme veut guérir son mal-être en réitérant la violence sur elle-même et son embryon. Cela fait partie des séquelles non-soignées de l’avortement.

Comment peut-on “ guérir ” d’un avortement ?

Un certain nombre de conditions doivent être réunis pour se sentir vraiment guéri, c’est-à-dire pardonné. Ce sont ces conditions que la Vigne de Rachel réunit au cours de sessions organisées depuis 1995. Celles-ci réunissent quinze à vingt participants le temps d’un week-end. Elles sont animées par un psychologue et un homme ou une femme passé(e) par cette épreuve et par la guérison. Il s’agit donc d’une approche d’équipe, ouverte par un temps de paroles libres.

Ce qu’expriment les participants n’est jamais commenté ou jugé par quiconque. A l’issue de la session, qui représente une quarantaine d’heures très intenses, ceux qui le souhaitent peuvent se confesser auprès du prêtre présent. La plupart des participants, d’ailleurs, en font la demande. Quant à l’extraordinaire libération à laquelle aboutit la session, en voici simplement deux témoignages : “ La session a été bien au-delà de tout ce que j’avais pu imaginer. C’était un incroyable voyage de la douleur à la joie. ” “ J’ai connu 14 ans de thérapie et d’anti-dépresseurs. Lorsque j’ai pensé ne plus pouvoir supporter la douleur, j’ai trouvé la session de La Vigne de Rachel. Ce week-end m’a littéralement sauvé la vie ”… 

Contact en France : Anne-Helene O’Malley – mail : omalleys@free.fr – Tél. : 09 52 79 97 37
Site internet : www.rachelsvineyard.org