Femmes enceintes : tous les examens médicaux sont-ils obligatoires ?

 

Delphine Ollive, gynécologue obstétricienne hospitalière, explique les examens médicaux qui jalonnent le temps de la grossesse. A quoi servent-ils ? Sont-ils obligatoires ?

 

Pendant la grossesse, les échographies sont les premiers examens médicaux recommandés.
La 1ère échographie est proposée à 12 semaines d’aménorrhée, la 2e échographie à 22 semaines, et la troisième à 32 semaines. Sans être obligatoires, elles sont très utiles pour le suivi de la grossesse.

Si un souci de santé ou une malformation sont découverts, la surveillance va s’adapter à l’anomalie qui a été trouvée. On peut parfois être amené à organiser la naissance dans une autre maternité pour que le bébé soit pris en charge dans une unité spécialisée, ou à le faire naître plus tôt. Ces examens permettent d’accompagner au mieux la maman et son bébé. Tout au long de la grossesse, la femme enceinte est aussi soumise à des tests sanguins. Certains sont obligatoires comme la rubéole ou la toxoplasmose, la sérologie de l’Hépatite B, d’autres sont facultatifs et peuvent donc être refusés.

Parmi la batterie des tests proposés, le dépistage de la trisomie 21 a un caractère tout à fait particulier. Ce dépistage comprend aujourd’hui la mesure de la clarté nucale au moment de l’échographie du premier trimestre. Elle est couplée au dosage des marqueurs sériques et à l’âge de la mère. Si le résultat du test est positif, une amniocentèse¹ de confirmation ou d’infirmation est alors proposée aux parents. Elle n’est pas sans danger : le risque de fausse couche existe dans 1% des cas.
Ce dépistage n’a cependant aucun caractère obligatoire. Si les médecins sont dans l’obligation légale d’informer les patientes de son existence, le dépistage est soumis au consentement écrit de la femme qui peut pratiquer un des examens, puis changer d’avis et refuser l’amniocentèse. Il est très rare que les femmes demandent cet examen « pour savoir », en ayant pris quoiqu’il arrive la décision de garder le bébé, car ce dépistage n’est pas fait pour accueillir un enfant atteint de trisomie 21. Parfois, quand le test est positif, les femmes mettent leur grossesse entre parenthèses, elles ne l’investissent plus. Elles ont ouvert une porte sans forcément avoir réfléchi à ce qu’elles allaient faire après. A l’issue des examens complémentaires, l’amniocentèse par exemple, quand elles apprennent que l’enfant est sain, elles ont parfois du mal à réinvestir leur grossesse. Et quand il arrive qu’un diagnostic de trisomie se confirme, quand la médecine n’offre pas la perspective de soin préventif, elles se sentent acculées à faire un choix mortifère qui les marquera toute leur vie.

 

¹ Un prélèvement des cellules de foetus contenues dans le liquide amniotique est nécessaire pour réaliser le caryotype qui permettra l’étude des chromosomes. Il n’est pas sans risque de fausse couche.