Inter PP: identifier de nouvelles cibles thérapeutiques

L’objectif de l’étude InterPP est d’ouvrir aux chercheurs de nouvelles voies de recherche thérapeutique afin de trouver un traitement pour la trisomie 21.

L’objectif de l’étude InterPP est d’ouvrir aux chercheurs de nouvelles voies de recherche thérapeutique afin de trouver un traitement pour la trisomie 21.

Sous la direction du Dr Henri Bléhaut, la Fondation Jérôme Lejeune a initié et conduit le programme InterPP depuis décembre 2010 afin de créer une synergie de recherche autour des questions suivantes : quelles sont les protéines impliquées dans la déficience intellectuelle dont souffrent les patients atteints de trisomie, comment interagissent-elles, et lesquelles devrait-on cibler afin de traiter les patients ? Ainsi, cette étude vise à observer les interactions protéiques qui ont un rôle déterminant dans la déficience intellectuelle liée à la trisomie 21 afin d’envisager de nouvelles stratégies thérapeutiques.

Dans l’organisme, au sein des cellules, les protéines remplissent de nombreuses fonctions indispensables : signalisation hormonale, transmission nerveuse, etc. Chaque protéine est intégrée à des voies de signalisation, réseaux constitués d’autres protéines qui vont interagir ensemble, former des complexes afin de pouvoir remplir leur fonction. Il est essentiel de comprendre comment les protéines interagissent entre elles, et d’identifier l’ensemble de leurs interacteurs. L’étude de l’interactome permet de comprendre la dynamique fonctionnelle afin de cibler par la suite les protéines impliquées dans la pathologie. Le projet implique de nombreuses équipes de recherche académiques, notamment celles dirigées par les Dr Marie-Claude Potier (Présidente du Conseil Scientifique de la Fondation Jérôme Lejeune ; CRICM, Paris), Michel Simmoneau (Inserm, Paris), Jean Delabar (CNRS, Paris), Yann Hérault (ICS, Illkirch), Kathleen Gardiner (Denver, USA)… La société Hybrigenics est partenaire de la Fondation Jérôme Lejeune dans le programme InterPP et ses équipes réalisent les criblages permettant d’identifier des interactions protéine-protéine.

Depuis le lancement du projet, 36 cribles ont été effectués. Pour se faire, les chercheurs utilisent des “ appâts ” – selon les gènes connus pour être localisés sur le chromosome 21 – qu’ils soumettent à une banque protéique – les “ proies ” –, lesquelles peuvent potentiellement interagir et se lier aux appâts. Cette étape permet de cribler les interactions : certaines vont être très importantes, d’autres plus faibles, d’où leur classification selon un score. Les interactions les plus fortes sont validées par d’autres cribles.

Ainsi, il est possible d’identifier les domaines par lesquels les protéines se lient, et de construire des cartographies de ces interactions protéine-protéine. Pour chaque crible, plus de 50 millions d’interactions potentielles sont évaluées.

Les premiers résultats obtenus ont été communiqués lors de congrès internationaux et des publications sont en cours de rédaction. Les premières données révèlent des interactions entre protéines qui sont impliquées dans la trisomie 21, mais aussi dans d’autres maladies génétiques de l’intelligence (X-fragile, autisme, schizophrénie…). Ceci est très encourageant et complète la compréhension des mécanismes moléculaires impliqués dans différentes pathologies associées à une déficience intellectuelle.

Enfin, un des objectifs majeurs est de partager les données générées par ce programme avec toutes les équipes de recherche, à l’échelle internationale, afin d’encourager le lancement de nouveaux travaux.

interPP