Interview en 2010 de Jean-Marie Le Méné suite à la publication de “Nascituri te salutant !”

Après “La trisomie est une tragédie grecque”, Jean-Marie Le Méné publie “Nascituri te salutant !”, un livre pour comprendre les vrais enjeux de la révision de la loi de bioéthique en 2010.

JMLeMénéAprès “La trisomie est une tragédie grecque”, Jean-Marie Le Méné publie “Nascituri te salutant !”, un livre pour comprendre les vrais enjeux de la révision de la loi de bioéthique en 2010.

Quel est le message principal de ce nouveau livre ?

Jean-Marie Le Méné : depuis quinze ans, les lois de bioéthique et leurs promoteurs nous ont rabâché que, pour « progresser », il fallait nécessairement « transgresser ». Aussi, les transgressions se sont-elles multipliées au fil des lois : dépistage anténatal généralisé, diagnostic préimplantatoire, autorisation d’expérimenter sur les embryons abandonnés, tentation du clonage… Mais on attend toujours les progrès censés accompagner ces transgressions ! A la vérité, le progrès ne doit rien à la transgression. Dans le domaine de la recherche sur les cellules souches, la découverte récente de la reprogrammation cellulaire le prouve éloquemment. 

C’est cette découverte qui est porteuse d’avenir et non l’utilisation des cellules embryonnaires. Un des principaux enjeux de la révision de la loi de bioéthique à venir est là. 

Expliquez-nous le titre et le sous-titre.
Jean-Marie Le Méné : ils ne sauraient être plus positifs ! Nascituri te salutant signifie Ceux qui vont naître te saluent. Il suffit d’avoir lu Astérix pour comprendre qu’il s’agit d’un clin d’œil au Morituri te salutant que les gladiateurs prononçaient dans l’arène devant César, jeu de mots qui invite à réfléchir sur la vie et la mort par rapport au Politique. Si l’on respecte César, quel est le message que celui-ci renvoie à ceux dont il a la charge ? La forme du participe futur, dans un élan inconnu en français, indique que la nature des nascituri est, irrésistiblement, de naître. En creux, il interroge : pourquoi les lois de bioéthique conduisent-elles à créer des nascituri qui ne naissent point ? Toute la problématique des lois de bioéthique est résumée dans ce questionnement.

Le sous-titre La crise de conscience bioéthique prend acte du fait que, pour la première fois, la conscience semble s’inviter au débat et nous dire : ce qui est légal n’est pas forcément moral. C’est un immense progrès ! 

Qu’apporte ce livre par rapport à l’ensemble des rapports préparatoires à la révision de la loi de bioéthique ?
Jean-Marie Le Méné : à partir d’une analyse inédite et pédagogique de l’évolution des lois dans ce domaine je fournis des clés pour comprendre
les vrais enjeux politiques et scientifiques de la révision de 2010, ainsi que des données scientifiques innovantes restées confidentielles pour des raisons idéologiques. C’est aussi une vision décomplexée de ces questions. Certaines préconisations contenues dans les rapports préparatoires à la révision de la loi sont mauvaises. Mais il y a pire, c’est de ne pas chercher à savoir et d’avoir peur de parler.

Si l’on envisage l’évolution déshumanisante de la législation en matière de bioéthique, un espoir est-il permis ?
Jean-Marie Le Méné : C’est bien parce que, pour la première fois, je vois réunies les conditions d’une prise de conscience et donc d’un changement possible que j’ai osé écrire ce livre.

 


 

Vous pouvez commander le livre auprès de la Fondation (18 euros. Port compris) : recto-NT

 

Fondation Jérôme Lejeune

37 rue des Volontaires 

75725 Paris Cedex 15