Jean-Marie Le Méné : « Vincent Lambert, c’est nous ! »

A l’heure où vous lirez ces mots, un homme a déjà fait l’objet de deux tentatives hospitalières d’euthanasie et d’une condamnation à mort par le Conseil d’Etat, suspendue in extremis par une saisine de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH). A compter du 21 janvier, un premier débat sera lancé à l’Assemblée nationale suite au rapport Léonetti-Claeys qui veut légaliser l’euthanasie sans le dire. Le 29 janvier, une seconde proposition de loi du groupe Europe-Ecologie-Les-Verts est discutée qui veut légaliser l’euthanasie en le disant. Chacun de ces deux textes règlera définitivement le sort de cet homme.

Cet homme accidenté, qui n’est pas en fin de vie mais dans un état de conscience minimale, est donc sous le coup de cinq condamnations à mort. Sans compter la décision attendue de la CEDH qui statue sur son cas le 7 janvier. Autant dire qu’il a peu de chances de s’en sortir vivant.

Cet homme, c’est Vincent Lambert. Il est l’innocent le plus condamné de France.

Son père, un médecin octogénaire, vient vérifier tous les matins que sa nutrition et son hydratation, abusivement considérées comme des traitements, n’ont pas été arrêtées, encore une fois, par l’hôpital. Sa mère cherche pendant des heures à accrocher son regard. Le regard d’un fils qui ne souffre pas mais est capable d’exprimer, par exemple, un état d’inconfort ou de sérénité. Le regard d’un homme dont l’âme vit dans un corps blessé que rien ni personne n’autorise à achever.

Demain, si nous ne faisons rien, non seulement Vincent Lambert, mais 1 700 personnes dans le même état de conscience minimale pourront être exécutées sous les ordres d’un pouvoir politique qui les a déjà condamnées à l’avance en ces termes inouïs du rapport Léonetti-Clayes : « Il est permis de penser que ces personnes pourraient qualifier ces situations d’obstination déraisonnable si elles pouvaient s’exprimer ». Autrement dit, ces personnes vivantes, mais hors d’état d’exprimer leur volonté, sont présumées avoir choisi l’euthanasie !

Le pays dans lequel ces faits se déroulent n’est pas l’Allemagne des années 30, c’est la France.

Notre pays, qui vient de faire de l’exception d’avortement un droit fondamental, fera aussi de l’exception d’euthanasie un droit fondamental parce que la vie humaine y est devenue « un matériau à gérer ». Attention à l’amalgame, nous avertissent de grandes consciences qui conseillent de ne pas faire ce rapprochement ! C’est pourtant ce rappel historique qui permet d’anticiper un scénario connu et nous assigne le devoir de résister politiquement.

Parce que quarante ans plus tard, le procès de Vincent Lambert est à l’euthanasie ce que le procès de Bobigny est à l’avortement.

Parce qu’au-delà de Vincent Lambert, il y a les traumatisés crâniens et cérébro-lésés (dont l’association a demandé en vain à être auditionnée), les grands prématurés, les enfants atteints de maladie grave, les personnes handicapées mentales ou psychiques, les trisomiques, etc. dont l’Etat considère que la vie n’est pas digne d’être vécue.

Parce qu’il y a nous tous à qui on va demander de rédiger des « directives anticipées » contraignantes pour organiser notre fin de vie, dans le sens de l’abrègement …

Parce qu’il deviendra égoïste de ne pas choisir de mourir en bon état pour alléger les finances publiques et faire l’objet d’un prélèvement qui alimentera la filière des greffes …

Parce qu’un certain corps médical qui a déjà cédé sur l’avortement est prêt à céder sur l’euthanasie, sans objection de conscience …

Pace que nous ne voulons pas de cette « sédation profonde et continue » qui n’ose pas dire qu’elle est le pavillon de complaisance de l’euthanasie.

Parce qu’entre le 21 et le 29, il y a le 25 janvier, jour de la Marche pour la vie.

Parce que descendre dans la rue c’est poser un acte politique quand il n’y a plus de politique.

Nous dirons non à l’appropriation de la vie par l’Etat, de l’avortement à l’euthanasie.

Parce que Vincent Lambert c’est nous.

Jean-Marie Le Méné

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