Jérôme Lejeune, Jean Paul II : une amitié ut semper !

La béatification de Jean-Paul II, le 1 er mai 2011, est l’occasion de revenir sur l’amitié qui unissait le pape polonais et Jérôme Lejeune. S’il fallait la définir d’un mot, je dirais que cette amitié était fondée sur la crainte de Dieu. Au sens où, comme le rappelle joliment Frossard, “ la crainte de Dieu, c’est simplement la crainte de blesser un enfant ”.

JeromejeanpaulIILa béatification de Jean-Paul II, le 1 er mai 2011, est l’occasion de revenir sur l’amitié qui unissait le pape polonais et Jérôme Lejeune. S’il fallait la définir d’un mot, je dirais que cette amitié était fondée sur la crainte de Dieu. Au sens où, comme le rappelle joliment Frossard, “ la crainte de Dieu, c’est simplement la crainte de blesser un enfant ”.

Jean Paul II et Jérôme Lejeune ont vécu une véritable amitié humaine où quand l’un était victime, les deux souff raient. Quand Jean Paul II a été touché par les balles, le 13 mai 1981, Jérôme Lejeune rentrait de Rome où il avait déjeuné avec le Pape. Arrivé à Paris, quand il a appris la nouvelle de l’attentat, Jérôme Lejeune s’est eff ondré aussi et a été emmené à l’hôpital. Il a éprouvé alors une forme de sympathie au sens le plus physique du terme. De son côté, quand Jérôme Lejeune a été rappelé à Dieu au matin de Pâques 1994, Jean Paul II n’a pas caché son émotion. L’attachement profond pour son “ frère Jérôme ”, par delà la mort, Jean Paul II l’a ensuite manifesté en venant se recueillir sur sa tombe au cours des JMJ de 1997, geste qui est resté unique dans son pontificat. Cette amitié était au service du vrai parce que l’un et l’autre partageaient la même horreur du mensonge qui tue.

Jean Paul II avait supporté son fardeau d’idéologie en affrontant successivement le nazisme et le communisme. Le Pr Jérôme Lejeune a dû combattre ce pacte du scientisme et du marché avides de transformer l’être humain en un rentable matériau d’expérimentation. Il leur a fallu répéter, l’un et l’autre à leur manière, que si l’homme est sa propre mesure et qu’il se définit lui-même, au gré du relativisme, il se condamne. Jean Paul II et Jérôme Lejeune ont été des signes de contradiction. Leur honneur a été celui de ne pas plier devant les “ grandeurs d’établissement ”.

Jean Paul II avait chargé Jérôme Lejeune de fonder l’Académie pontifi cale pour la vie. A la veille de sa mort, Jérôme Lejeune proposait encore les noms des premiers membres. Au milieu d’eux, une religieuse française, médecin, Petite Sœur des Maternités Catholiques. Pourquoi elle ? Jérôme Lejeune répondait : “ parce que leurs maternités sont les seules en France, parmi toutes celles qui portent le nom de catholique, à ne pas pratiquer l’avortement ”. Onze ans plus tard, quelques semaines après la mort de Jean Paul II, Sœur Marie Simon Pierre, membre de cette même communauté, atteinte de la maladie de Parkinson, est miraculée. C’est ce miracle qui a permis la béatifi cation. Que celui qui a des oreilles pour entendre, entende…

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