L’élimination des personnes trisomiques, un droit de l’homme ?

Le 5 juin 2002, une femme lettone de 40 ans, Anita Kruzmane, donnait naissance à une petite fille atteinte de trisomie 21. Parce qu’elle n’aurait pas été informée de la possibilité de faire des tests de dépistage de la trisomie 21 qui lui auraient permis d’interrompre la grossesse, Anita Kruzmane a intenté une action en justice contre son médecin devant les juridictions de son pays.

cedhLe 5 juin 2002, une femme lettone de 40 ans, Anita Kruzmane, donnait naissance à une petite fille atteinte de trisomie 21. Parce qu’elle n’aurait pas été informée de la possibilité de faire des tests de dépistage de la trisomie 21 qui lui auraient permis d’interrompre la grossesse, Anita Kruzmane a intenté une action en justice contre son médecin devant les juridictions de son pays.

Mais les juridictions de Lettonie, ayant eu la preuve que son médecin lui avait bien proposé les tests de dépistage, ont rejeté la plainte d’Anita Kruzmane en 1 e instance, en appel puis en dernière instance.

Au nom du « droit au respect de la vie privée et familiale » (article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales), Anita Kruzmane a alors saisi la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) pour faire reconnaître ce qui est, à ses yeux, un préjudice.  

Son action a pris dès lors une autre ampleur puisque les magistrats européens ont à se prononcer sur un prétendu droit à l’avortement droit à l’avortement au regard de la santé de l’enfant, dans le cas présent porteur de la trisomie 21. Autrement dit, la CEDH est appelée à se prononcer sur la question suivante : « l’élimination des personnes trisomiques est-elle un droit de l’homme ? »

Le triptyque « Dépistage prénatal -Diagnostic prénatal – Interruption médicale de grossesse » entraîne déjà de graves dérives eugéniques dans un certain nombre de pays européens, la France ayant le triste record de l’élimination de 96% des enfants dont le diagnostic prénatal de trisomie 21 est positif.

Avec l’affaire Kruzmane, une nouvelle étape pourrait être franchie : La reconnaissance du « droit à tuer pour cause médicale » comme un « droit de l’homme » serait une révolution, qui concernerait un très grand nombre de pays puisque les décisions de la CEDH constituent des « normes supérieures et intangibles » pour les citoyens des 47 états membres du Conseil de l’Europe.

La stigmatisation d’un groupe humain sur la base de son génome, la négation pure et simple de l’humanité des personnes de ce groupe et la mise à disposition de tous des moyens de leur élimination n’auront jamais été aussi loin dans l’histoire de l’humanité.

Compte-tenu des enjeux, la Fondation Jérôme Lejeune et de nombreuses associations d’autres pays européens dénoncent  publiquement  cette affaire. Elles ont lancé une action internationale de mobilisation dont l’objectif est d’interpeller les magistrats européens sur l’ampleur des réactions qu’ils provoqueraient en accueillant positivement la plainte. En effet, ils doivent comprendre de toute urgence que la reconnaissance d’un tel droit mettrait en danger non seulement la démocratie européenne, mais bien plus : notre humanité.

 


Stopeugneics

 

La déclaration « L’eugénisme n’est pas un droit de l’homme » a été signée par la Fondation Jérôme Lejeune (France), Fundacion Sindrome de Down de Madrid (Espagne), Jeden Swiat (Pologne), Dauna Sindroma Biedriiba (Lettonie), Ukrainian Down Syndrome Early Development Center (Ukraine), Down Syndrome Ireland (Irlande), Deutsches Down-Syndrome InfoCenter (Allemagne), Croatian Down Syndrome Association (Croatie), Centre Emiliano Problemi Sociali Italiano Trisomia 21 (Italie), Down Syndorme Education International, European Down Syndrome Association, Down Syndrome Association of Kosovia (Kosovo)…

Les associations signataires appellent tous leurs membres et tous les citoyens européens à signer la déclaration sur le site international www.stopeugenicsnow.eu