L’embryon à trois ADN : une quintuple transgression

La portée d’une telle autorisation montre que les lois bioéthiques sont des digues de sable, incapables de s’opposer durablement aux cauchemars démiurgiques.

La fabrication d’un bébé à trois parents va être bientôt autorisée en Grande Bretagne. Une technique qui consiste à associer in vitro trois ADN : celui contenu dans le spermatozoïde, celui contenu dans le noyau d’un premier ovule et celui contenu dans les mitochondries (zone qui entoure le noyau) d’un second ovule. Il s’agit d’une construction qu’on ne peut pas qualifier de découverte. L’apport des cellules reproductrices masculine et féminine pour constituer un être humain n’est pas remis en cause. Le changement réside dans l’ADN féminin qui est dédoublé, en provenance de deux ovules venant de femmes différentes.

Quels sont le sens et la portée de ce qui est présenté par les médias comme une nouveauté plutôt positive ? Pour lire le sens de cet événement, il est nécessaire de se garder de deux tentations : le terrorisme compassionnel et l’aveuglement technique.

La fabrication d’un embryon à trois génomes est justifiée comme le moyen d’éviter la transmission, par la mère, de maladies génétiques dues à cet ADN mitochondrial. On reconnait la complainte humanitariste qui permet de tout autoriser, y compris la fabrication de l’humain selon des critères arbitraires. Redisons-le : si l’on cède à la morale conséquentialiste, la fin justifie les moyens. En réalité, il y a d’autres procédés pour soigner que d’emprunter des moyens indignes.

Le deuxième vecteur de la transgression, c’est le technicisme. La technique est cumulative mais la sagesse ne l’est pas, disait Jérôme Lejeune. Nous sommes face à une quintuple transgression morale : la sélection des gamètes (comme dans l’élevage), la fécondation in vitro (avec un tiers donneur), la manipulation de l’embryon (avec bricolage génétique), l’intervention sur la lignée germinale (avec transmission à la descendance), le tri d’embryon (avec DPI et/ou DPN). A l’eugénisme s’ajoute l’expérimentation sur l’homme.

La portée d’une telle autorisation montre que les lois bioéthiques sont des digues de sable, incapables de s’opposer durablement aux cauchemars démiurgiques. Mais surtout, le posthumanisme n’est pas ce futur présenté par certains sous la forme d’un épouvantail grotesque (des êtres mi-hommes, mi-robots fabriqués pour mille ans …). Nous sommes déjà dans une ère déshumanisée où le respect inconditionnel de l’être humain ne veut plus rien dire. La vie est devenue un matériau à gérer. La solution à la folie des hommes n’est ni technique, ni légale, elle est spirituelle.

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