La journée des parents : Les questions – réponses de l’après-midi

L’après-midi de la Journée des parents était consacrée notamment au thème de l’insertion professionnelle. Il était présenté par Marie-José Villaret, ancienne directrice d’un établissement médico-social. 

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L’après-midi de la Journée des parents était consacrée notamment au thème de l’insertion professionnelle. Il était présenté par Marie-José Villaret, ancienne directrice d’un établissement médico-social. 

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A l’issue de cette intervention, un temps de questions-réponses a permis au public de réagir. 2 questions parmi d’autres.

Une maman : Madame Villaret, vous avez parlé du Projet Individualisé d’Accompagnement (PIA) : quand l’établissement décide tout seul de l’avenir du jeune, qu’est-ce qu’on peut faire, nous parents ?

MJ V : Le PIA se construit avec l’établissement, la famille et l’enfant, adolescent ou adulte et. Et puis d’autres partenaires : il y a parfois des partenaires de soin. Certains établissements construisent seuls les PIA. Ce n’est pas ce que dit la loi. Mais la démarche « attendez, la loi, c’est que le projet se fasse avec moi, et non pas vous tout seul » risque de ne pas être très bien perçue. Il reste encore des établissements qui fonctionnent seuls. Alors comment faire ? Les parents sont très compétents en général, ils sont même parfois plus compétents que certains professionnels. Il faut essayer d’être diplomate.

La solution est dans la rencontre, l’échange. Il y a de bons conseils de vie sociale dans les établissements. Personne n’a raison tout seul : on a un enfant à accompagner et parfois on se trompe. Mais tout le monde peut se tromper ! Certains établissements mettent des barrières… Un jour, j’ai vu une famille arriver avec une grosse mallette pour le projet de son enfant. : ça a jeté un froid ! Ce n’est pas simple quand on doit considérer dans un établissement qu’un jeune de 18 ans ne peut pas travailler. La famille dit : « non, je veux qu’il travaille en entreprise ordinaire ». Il faut se mettre autour d’une table et parler. Un autre exemple : « moi à la maison je vois qu’il fait bien les gâteaux et qu’il prépare le repas » / « Nous à l’établissement, on ne voit pas tout à fait ça ». « A la maison il est en individuel » / « A l’établissement il est en collectif ». La rencontre doit permettre de faire avancer les choses.

Il y a encore des établissements qui en France ont un peu peur des familles parce qu’ils se disent qu’elles vont dicter ce qu’il y a à faire. L’inverse existe aussi. Ce n’est qu’en parlant qu’on peut se retrouver : « ça, mon enfant l’a-t-il acquis ? ». Et lui, que dit-il de tout ça ? Il y a des outils qu’il faut donc partager.

Quand on rencontre une équipe pour signer le Projet d’accompagnement individualisé on n’est pas obligé de le signer dès la première rencontre. On peut demander de pouvoir échanger avec d’autres personnes, à avoir des explications. Plus on discute, mieux c’est.

Un papa : Une question qui sort du cadre ordinaire. Là où j’habite, un trisomique n’a pas le droit de travailler en entreprise, son seul refuge est donc la famille. Par conséquent, si les parents veulent que leur enfant travaille un jour, ils doivent créer une petite entreprise familiale ou créer un bureau de service ou un petit commerce. Dans ce schéma, quelle est la meilleure méthode pour développer une autonomie du trisomique, lui permettant d’évoluer professionnellement et de rester libre ?

MJ V : Il faut se questionner : oui, on peut toujours construire quelque chose pour son enfant, on peut construire une entreprise et l’embaucher. Mais il faut aussi voir des parcours de vie à long terme : est-ce que cet enfant ou ce jeune adulte va rester dans le cocon familial ?

Dans la vie, on n’est pas toujours présent : on vieillit, il y a des accidents de la route, l’entreprise ne fonctionne plus. Et puis c’est compliqué pour la famille quand l’adolescent n’a rien envie de faire de la journée, à commencer par se lever le matin. A certains âges il y a des choses qu’on ne supporte pas à la maison. Attention à ce moment là au risque de maltraitance. Donc s’il n’y a pas d’autre chez soi, je pense qu’il faut trouver des solutions, mais peut-être pas la solution de travail. La solution de la maison à un moment donné c’est compliqué : les familles ne supportent plus, il y a des conflits…C’est peut-être la piste par défaut, mais pas la piste idéale, de mon point de vue.

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