La mélodie du bonheur

Avec un tel titre, qui ne pense pas immédiatement à la famille Von Trapp, au cœur des montagnes autrichiennes, dont les chansons ont bercé notre enfance ? Lorsque l’on rencontre la famille de Foucauld, on retrouve quelque chose de cette magie : une fratrie nombreuse, soudée et joyeuse, évoluant en musique !

« A la naissance de Foucauld et face à tous ceux qui nous dressaient la liste de ce qu’il ne pourrait pas faire, nous nous sommes dits « n’attendons rien », commencent Blaise et Laurence, ses parents. Et à ne rien attendre, nous avons reçu au centuple : toute chose nouvelle était un cadeau ! » A 18 ans, Foucauld est un jeune homme drôle et talentueux au sourire communicatif.

Elevé dans une famille animée par l’amour de la musique, il est habitué à entendre les uns chanter, accompagnés par les instruments des autres. En grandissant, il se révèle avoir, lui aussi, cette sensibilité musicale. Tout commence lors d’un festival auquel il se rend en famille, alors âgé d’une douzaine d’années. Tandis que la soirée se termine et que les musiciens et le public se sont éloignés de la scène, la batterie se fait entendre à nouveau. Surpris, les musiciens rejoignent la scène et découvrent Foucauld, assis à la batterie, essayant de reproduire ce qu’il a vu faire. « Le plus incroyable, racontent Blaise et Laurence, c’est que les musiciens ont repris leurs instruments et se sont mis à l’accompagner. A ce moment-là, nous avons compris qu’il fallait permettre à Foucauld de développer ce talent. » D’un naturel peu expressif, la découverte de la musique aide progressivement Foucauld à extérioriser ses émotions et à s’épanouir. Batterie, piano et désormais djembé, le jeu de Foucauld se caractérise par deux mots-clés : intuition et mimétisme. Il lui suffit de voir quelqu’un jouer ou d’entendre un nouveau morceau pour chercher à le reproduire.


Mais la musique se partage et les moments les plus précieux pour Foucauld sont ceux où il joue avec sa famille. « Nous jouons presque tous les jours ensemble, explique avec enthousiasme le père du jeune homme. Ce sont toujours des moments de grande complicité : nous échangeons des sourires, des regards heureux et bien souvent cette joie qui irradie touche ceux qui en sont témoins. »

Le rayonnement de Foucauld dépasse le cadre familial, comme lors du 30 juin dernier, lorsque son père et lui ont interprété un duo à l’occasion des 20 ans de l’Institut Jérôme Lejeune. « La Fondation et l’Institut Jérôme Lejeune nous ont beaucoup apporté, confient Blaise et Laurence, des conseils, une écoute bienveillante et des rencontres formidables, que ce soit avec les professionnels de santé ou d’autres familles. »

Si l’un des grands enjeux aujourd’hui pour Foucauld et sa famille est de déterminer la voie professionnelle qu’il prendra, lui est sûr d’une chose concernant ce qu’il désire faire et répond du tac au tac « de la musique ! ». Celle-ci lui a permis de grandir en déployant ses talents, comme en témoignent ses parents : « Cheminer avec le handicap est un parcours du combattant mais Foucauld nous montre chaque jour que tout est possible, dès lors que l’on veut bien lui porter l’attention qu’il attend de nous. Laissons-nous surprendre, aimer et bousculer par nos enfants différents. Faisons émerger les dons qu’ils ont en eux et qui ne demandent qu’à être mis en lumière. »
Bien sûr, rien n’est simple. Mais à force de patience, de persévérance et grâce au soutien indéfectible de ses proches, Foucauld compose jour après jour sa mélodie du bonheur, donnant ainsi tort à tous ceux qui oseraient dire qu’il ne peut « rien faire ».