La science au service du bien. Editorial de Jean-Marie Le Mené

L’homme a fait son temps. L’homme n’a que trop duré. L’homme n’existe plus. Voilà le message du post-humanisme que nous entendons de plus en plus. Il importe de savoir à quoi s’en tenir. Le post-humanisme considère que le vivant ne cesse d’évoluer, qu’il est passé de l’animal à l’humain et qu’il est en train de passer de l’humain au post-humain grâce aux nanotechnologies, à la biologie, à l’informa tique et aux sciences cognitives. Bien sûr, nous sommes invités à ne pas nous opposer à cette évolution inéluctable.

Le post-humanisme n’est pas un humanisme, il en est le contraire. Il s’enracine dans l’évolutionnisme (la grande chaîne du vivant dont l’homme n’est qu’un maillon comme un autre), dans le matérialisme (l’homme est la somme de ses particules) et dans le libéralisme qui conduit à l’éviction des inférieurs et à la promotion des supérieurs, conformément au dogme de la sélection naturelle. Le post-humanisme établit donc une hiérarchie nette entre les sous-hommes et les sur-hommes, ces derniers étant des hommes « augmentés », soit parce qu’ils auront été améliorés, soit parce qu’ils auront été fabriqués et triés.

Vous avez compris que cette idéologie est déjà à l’œuvre dans nos sociétés, en particulier à travers l’eugénisme qui est devenue une pratique non seulement tolérée mais recommandée. Dans le cadre ou non de la PMA, le diagnostic préimplantatoire ou prénatal, suivi de l’élimination des déviants, est désormais la norme. Et l’opposition à ce nouvel ordre moral – par exemple en montrant la réalité heureuse de la vie avec la trisomie – est sanctionnée par un Etat soumis aux nouveaux racistes du gène. La GPA et l’euthanasie viendront bientôt compléter le tableau dans une logique que rien ne semble arrêter.

Mes propos n’ont pas pour objet le découragement mais de dire qu’il y a une solution, celle que préconisait Jérôme Lejeune : remettre la science et la médecine au service du bien de l’humanité en se référant à une éthique intransigeante du respect de la vie.

C’est ce que nous faisons, grâce à votre aide, avec une efficacité mesurable. La consultation de l’Institut accueille les personnes les plus menacées et la Fondation lutte contre la cause de ces menaces. L’Institut a acquis une solide réputation médicale et on peut dire que la majorité des familles qui donnent aujourd’hui naissance à un enfant atteint de la trisomie 21 viennent à la consultation. De même, la Fondation, en s’étant maintenue le premier financeur de la recherche thérapeutique sur la déficience intellectuelle, fait école. De gros laboratoires commencent à s’intéresser à la trisomie autrement qu’à travers le dépistage. Même les pouvoirs publics ont participé au financement d’un projet de recherche thérapeutique sur la trisomie 21.

Soyez conscients que rien n’aurait été possible sans la détermination de la Fondation Jérôme Lejeune depuis vingt ans, mais que celle-ci n’existe rait pas sans le soutien généreux, fidèle et exigeant de ses donateurs, tant le combat est difficile.

Depuis des années, les livres apocalyptiques d’auteurs prestigieux s’accumulent : L’abolition de l’Homme, L’obsolescence de l’Homme, La fin de l’Homme. Puisque ce sont des Cassandre, ils ont raison mais ils ne sont porteurs que de mauvaises nouvelles. La tentation vulgaire serait de les exécuter.

Pour leur répondre, il y a surtout Isaïe et la Nativité … Sous les quolibets ou dans l’indifférence générale, mais toujours dans la joie, il n’y a donc pas de plus grande urgence, pour nous les Humains, que de préparer dans la crèche la paille du Divin.

 Jean-Marie Le Méné,
Président de la Fondation Jérôme Lejeune
Twitter : @jmlemene

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Les évènements à Lyon des 20 ans de la Fondation Jérôme Lejeune 

 

– Une exposition « Jérôme Lejeune une découverte pour la vie » (du 23 novembre au 3 décembre)

– Un débat « Quelle place pour l’homme « diminué » dans une humanité « augmenté » ? (mardi 25 novembre)

– Une pièce de théâtre : « Jeanne et les Post-Humains » 26, 27, 28, 29 novembre à 20 h 30. 30 novembre à 17 h.