Le rapport du CCNE sur la fin de vie annonce un simulacre de démocratie sur l’euthanasie

La Fondation Jérôme Lejeune réagit à la publication du « Rapport sur le débat public concernant la fin de vie » par le comité national d’éthique (CCNE) aujourd’hui. Cette publication annonce un simulacre de démocratie sur l’euthanasie dans les mois à venir.

Image Manuel Euthanasie

La Fondation Jérôme Lejeune réagit à la publication du « Rapport sur le débat public concernant la fin de vie » par le comité national d’éthique (CCNE) aujourd’hui. Cette publication annonce un simulacre de démocratie sur l’euthanasie dans les mois à venir.

En effet, ce rapport est présenté comme faisant office d’états généraux, alors que depuis deux ans les citoyens voient se dérouler des débats confinés dans des enceintes, et contrôlés par des experts sélectionnés. On est loin des états généraux qui avaient préparé la révision de la loi bioéthique en 2011 et qui avaient placé au cœur de l’organisation l’avis d’un nombre significatif de citoyens et d’associations.

Mais surtout sur le fond, ce rapport fait penser qu’un débat essentiel sur la fin de vie, à savoir le débat sur l’euthanasie, a lieu sans en avoir l’air. Il est dissimulé dans un registre sémantique confus.

Tout en évitant l’euthanasie en raison de profonds clivages, le CCNE présente comme consensuels deux enjeux relevant en fait de l’euthanasie :

1) Un droit à la sédation profonde
Alors que la « sédation en phase terminale » est la recherche, par des moyens médicamenteux, d’une diminution de la vigilance pouvant aller jusqu’à la perte de conscience, dans le but de diminuer ou de faire disparaître la perception d’une situation vécue comme insupportable par le patient, la sédation « terminale » ou « profonde » est une expression tendancieuse, qui montre que l’intention n’est plus la même qu’une sédation « en phase terminale », et qu’elle est effectuée non plus pour soulager la douleur, mais bien pour terminer la vie. Il s’agit d’une euthanasie par voie de sédation.

2) Les directives anticipées
Il y a lieu de craindre que rendre contraignantes les directives anticipées* revienne à instaurer un droit au suicide assisté.

La Fondation Jérôme Lejeune regrette l’absence de repères et la confusion dont le CCNE a fait sa marque de fabrique. Pour des enjeux touchant à la vie et à la mort, les citoyens ont besoin de décryptages clairs.

Pour rappel, la Fondation Jérôme Lejeune a publié en juin dernier un manuel sur l’euthanasie, qui rassemble l’essentiel des problématiques touchant à la fin de vie et dénonce les dérives médico-libérales.

* Les directives anticipées indiquent les souhaits de la personne relatifs à sa fin de vie concernant les conditions de la limitation ou l’arrêt de traitement. Elles sont rédigées par la personne pour le cas où elle serait, un jour, hors d’état d’exprimer sa volonté. Les directives anticipées sont encadrées par l’article L1111-11 du code de la santé publique.

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