Les Classes Jérôme Lejeune en Afrique et en Asie pour les personnes trisomiques…

Elizabeth Bisbrouck, experte en Pédagogie à la Fondation Jérôme Lejeune, est régulièrement sollicitée pour ouvrir des classes adaptées à l’étranger. L’an dernier, elle a inauguré la 1 ère classe Jérôme Lejeune au Gabon ; en 2009, 3 nouvelles classes ont été créées et d’autres projets sont en cours.

Elisabeth

Elizabeth Bisbrouck, experte en Pédagogie à la Fondation Jérôme Lejeune, est régulièrement sollicitée pour ouvrir des classes adaptées à l’étranger. L’an dernier, elle a inauguré la 1 ère classe Jérôme Lejeune au Gabon ; en 2009, 3 nouvelles classes ont été créées et d’autres projets sont en cours.

Pourquoi ouvrir des classes Jérôme Lejeune à l’étranger ?

Elizabeth Bisbrouck : les demandes sont nombreuses dans les pays où il n’existe pas d’infrastructure pour accueillir des personnes déficientes intellectuelles ou atteinte de trisomie 21 : Cambodge, Gabon, Cameroun, Bénin, Maroc… 

Très souvent dans ces pays, il y a une méconnaissance de la déficience intellectuelle. Quand il y a une prise de conscience de la personne  déficiente intellectuelle, il y a un besoin de formation pour la prise en charge éducative et pédagogique. Le regard sur l’enfant s’élargit : les familles ont un relais médical et scolaire sur lequel s’appuyer.

« L’approche et la prise en charge de la personne déficiente intellectuelle est différente selon les pays. Il est nécessaire d’adapter le projet à chaque demande. » 

Comment se monte un tel projet ?

E. B. : le projet se monte à l’initiative d’une association locale porteuse du projet et en partenariat avec une école d’accueil. Les frais sont à la charge de l’association. Le projet comporte deux axes : la création de la classe et la formation des enseignants.

Sur place, l’enseignant s’engage à pratiquer une pédagogie centrée sur le projet individualisé de chaque élève, à travailler en équipe pluridisciplinaire avec le directeur d’école, un médecin, un orthophoniste et les familles. Pendant la formation, les enseignants apprennent à connaître la déficience intellectuelle, notamment les personnes trisomiques et se familiarisent avec les méthodes de pédagogie adaptée. Il est absolument nécessaire d’impliquer les parents. 

Actuellement, je réfléchis à un livret d’accueil pour les familles, afin de les sensibiliser et de les responsabiliser sur la scolarisation de leur enfant.

Racontez-nous votre dernière inauguration au Cameroun…

E. B. : j’ai passé 7 jours en octobre au Cameroun pour former l’équipe pédagogique et inaugurer deux classes : l’une à Yaoundé et une seconde à Efok, à 45 minutes au Nord de la capitale. Etaient présentes deux représentantes de l’Education Nationale et des radios locales. C’est l’aboutissement de plusieurs mois de travail. En avril, j’avais fait un 1er voyage pour sensibiliser la population à la prise en charge de la déficience intellectuelle. Ce séjour m’a permis de recruter les enseignants et les auxiliaires de vie scolaire (AVS) que j’ai formés en octobre, de passer dans des médias, TV et radio et de rencontrer les familles grâce à une journée d’accueil organisée au Ministère des affaires sociales.

Comment assurez-vous un suivi de ces projets ?

E. B. : nous faisons un suivi par Internet, même si c’est un peu compliqué pour les personnes sur place. Les enseignants me font part de leurs difficultés et des initiatives qu’ils ont mises en place pour le projet de classe et le projet pour chaque élève.

Nous analysons ensemble ce travail ce qui leur permet de progresser dans l’apprentissage de la Pédagogie adaptée. 

Un voyage d’évaluation est prévu pour valider les axes pédagogiques de la classe. Il y a beaucoup de demandes. Des classes Jérôme Lejeune s’ouvriront
prochainement au Maroc et au Bénin. Pour soutenir ces pays dans leur démarche, j’envisage de monter un séminaire en France pour permettre aux enseignants et directeurs d’établissement de partager et d’échanger sur leur expérience. Une belle façon de s’enrichir de la pédagogie des autres.



Les classes Jérôme Lejeune : un label 

Les classes Jérôme Lejeune, créées dans des écoles ordinaires, ont pour missions :
• d’accueillir les enfants déficients intellectuels 
• d’assurer un épanouissement de l’enfant en lui donnant la possibilité de développer ses capacités et d’acquérir de nouvelles compétences 
• de lui permettre de vivre harmonieusement dans la société 
• de mettre en œuvre les aides nécessaires pour mener à bien ces missions. Elles sont sous la responsabilité d’enseignants qui s’engagent à respecter ces missions.