Nouveau test de diagnostic prénatal : faux progrès, vrai recul

 

Une nouvelle technique de diagnostic prénatal de la trisomie 21 déferle en Europe et est annoncée pour bientôt en France. Présentée comme un progrès, elle entraîne en réalité de graves conséquences humaines et éthiques.

Une nouvelle technique de diagnostic prénatal de la trisomie 21 déferle en Europe et est annoncée pour bientôt en France. Présentée comme un progrès, elle entraîne en réalité de graves conséquences humaines et éthiques.

Comme toute mère le sait désormais*, le diagnostic prénatal (DPN) de la trisomie 21 repose sur plusieurs examens successifs : il commence avec une prise de sang et une échographie, suivies, éventuellement, d’un troisième examen : la choriocentèse ou l’amniocentèse. Ces techniques invasives, pratiquées entre la 10ème et la 16ème  semaine de grossesse, ont notamment pour conséquence grave de provoquer une fausse-couche dans 1 à 2% des cas.

Récemment, une nouvelle technique a été mise au point, qui nécessite une simple prise de sang. Elle repose sur l’examen de l’ADN fœtal présent dans le plasma maternel et peut être pratiquée tôt dans la grossesse.

Commercialisé en Europe par la firme allemande LifeCodexx, ce nouveau test est accessible depuis août dernier en Allemagne, Autriche, Liechtenstein et Suisse. Des demandes de commercialisation ont été et vont être déposées prochainement dans les autres pays européens. Or, contrairement à ce que claironnent les campagnes promotionnelles, ce nouveau test pose de graves problèmes :

  • Ces communications erronées le présentent comme un progrès médical. En réalité ce n’est qu’un progrès technique, et c’est un recul médical. En effet, il ne conduira pas à traiter, mais au contraire à éliminer un nombre encore plus grand d’enfants atteints de trisomie 21.
  • Sa mise sur le marché vise à éviter que des enfants sains ne soient avortés à la suite de l’un de ces examens invasifs. Mais ce raisonnement revient à faire une différence dramatique entre les enfants qui sont malades et ceux qui ne le sont pas.
  • Son taux de fiabilité de 100% réjouit ses promoteurs. Pourtant, 96% des enfants trisomiques diagnostiqués in utero sont déjà avortés. Que cherche-t-on avec tant d’insistance ? Une éradication totale de cette population ?
  • Ce nouveau test permet de connaître le résultat du diagnostic avant même la fin du délai légal pour pratiquer une IVG. Cela ne manquera pas de conduire à des IVG pratiquées pour raison médicale, que l’on ne distinguera pas des autres. La conséquence étant que l’eugénisme qui concerne les enfants trisomiques in utero ne sera plus repérable… autant dire, qu’il n’existera plus : ces enfants seront même éliminés de nos mémoires !
  • Les Etats consacrent des moyens dérisoires à la recherche thérapeutique en faveur de la trisomie 21. Hélas, alors que cette recherche progresse de manière très encourageante, notamment grâce à la Fondation, les sommes considérables dépensées pour le nouveau test ne peuvent que retarder l’avancée des travaux. Et l’on sait bien que tout ce que l’on pratique depuis des années à l’encontre des enfants atteints de trisomie 21 habitue peu à peu la société à l’eugénisme. Ainsi, les promoteurs du nouveau test l’annoncent sans gêne : ce nouveau test permettra bientôt de diagnostiquer de nombreuses maladies puis, aussi, des prédispositions à des maladies..

* Depuis le vote de la nouvelle loi de bioéthique, en juillet 2011, les professionnels de la santé ont l’obligation d’informer toutes les futures mères, quels que soient leur âge et leurs états de santé, sur le dépistage de la trisomie 21.