Philibert, un jeune homme à découvrir

Philibert est un jeune homme trisomique très attachant. Si, sur le terrain sportif, ce passionné de football, de tennis et de vélo est un attaquant, en privé, il la joue plus « défensive ». Il faut alors prendre son temps pour discerner les différentes facettes de sa personnalité.

Philibert Philibert est un jeune homme trisomique très attachant. Si, sur le terrain sportif, ce passionné de football, de tennis et de vélo est un attaquant, en privé, il la joue plus « défensive ». Il faut alors prendre son temps pour discerner les différentes facettes de sa personnalité.

Le temps est une donnée cardinale pour découvrir Philibert Galland. Le jeune homme ne se livre pas aisément, en particulier face à un adulte. Le regard
fixé sur ses chaussures, parlant doucement, il se dévoile par petites touches. L’adolescent de 17 ans n’est pourtant pas timide à en croire ses proches. Sur la réserve, peut-être. Sur ses gardes, plus sûrement.

Une prudence consécutive à une « mauvaise expérience avec une enseignante », dixit sa maman. C’est pourtant à l’école, où il est décrit comme un élève « participatif, consciencieux, plein d’entrain voire malicieux », que Philibert s’épanouit. Inscrit en deuxième année au lycée Sainte-Thérèse de la Fondation d’Auteuil (Paris), il y apprend notamment l’anglais, « parce que je veux faire un stage en Hongrie du dimanche 30 mai au vendredi 10 juin, détaille t-il. J’ai hâte d’y aller. »

Le jeune homme, aîné d’une fratrie de quatre enfants, se « plait ici », entouré et apprécié de ses compagnons de classe : Christian, Mounir, Antoine, Jules-Eric, Alexandre, Abderramane et consorts. « Je suis gentil avec les copains de la classe, ils disent que je suis un bon camarade », se réjouit-il. 

Cet étudiant appliqué – le soin porté à la tenue impeccable de son classeur en témoigne sans équivoque – se révèle aussi un jeune homme sérieux et serviable lors des stages qu’il accomplit dans des magasins ou des banques. « Il est heureux dans le monde professionnel », observe sa maman. « Les employeurs sont ravis de l’accueillir », ajoute pour sa part Stéphanie de la Balle, l’un des ses professeurs. 

Sur sa chaise, Philibert s’impatiente quelque peu : ses copains sont dehors et il se soucie de pouvoir les rejoindre au plus vite. Le moment est venu pour lui de s’éclipser. Le temps n’est plus aux révélations, mais à la récréation.