Pr Gian Luigi Gigli nous présente les enjeux de la recherche sur les cellules souches

Le célèbre neurologue, membre de l’Académie pontificale pour la vie, nous présente les enjeux de la 3 e édition du colloque international pour la recherche responsable sur les cellules souches prévu à Rome du 25 au 28 avril prochain.

Gian Luigi GigliLe célèbre neurologue, membre de l’Académie pontificale pour la vie, nous présente les enjeux de la 3 e édition du colloque international pour la recherche responsable sur les cellules souches prévu à Rome du 25 au 28 avril prochain.

Pourquoi l’Académie Pontificale pour la Vie, la Fédération Internationnale des Médecins Catholiques (FIAMC) dont vous avez été longtemps Président, et la Fondation Jérôme Lejeune organisent-elles pour la 3 e fois un congrès dédié aux cellules souches non-embryonnaires ?

Pr G.L. Gigli : Les cellules souches sont très médiatisées, mais on parle bien plus des cellules souches embryonnaires que des non-embryonnaires, pourtant très prometteuses : cellules souches adultes, cellules souches du cordon ombilical, et cellules pluripotentes induites (IPS cells). Depuis notre 1 ère édition de 2006, la recherche continue à progresser de façon fulgurante : nous ne sommes plus dans l’ère de la connaissance, mais d’ores et déjà dans l’ère thérapeutique pour les cellules souches non-embryonnaires.

Ce congrès est donc le rendez-vous des plus grands spécialistes de la recherche responsable sur les cellules souches. C’est aussi une occasion pour toutes les personnes intéressées par ces enjeux de se former et d’échanger à la lumière d’une réflexion éthique associée.

Il s’agit de se projeter dans un futur proche grâce à des promesses fondées, loin des faux espoirs donnés le plus souvent par les cellules souches embryonnaires… L’un des experts de renommée internationale sur les cellules IPS présentera un panorama de cette recherche passionnante et novatrice.

Quel est l’intérêt de la recherche sur les cellules souches et leurs domaines d’application actuels ?

Pr G.L. Gigli : La révolution que représente le potentiel des cellules souches est liée aux capacités de régénération de ces cellules : elles ont ouvert la voie à la thérapie cellulaire pour des maladies pour lesquelles ni la chirurgie ni la pharmacologie n’apportaient de solution.

Aujourd’hui, aussi bien dans le domaine de l’hématologie que de l’ophtalmologie ou encore celui des fonctions hépatiques ou cardiaques, les cellules souches adultes ont obtenu de très bons résultats, confirmés ces dernières années par des essais cliniques. Elles permettent une réparation des tissus altérés.

Depuis peu, de nouvelles perspectives apparaissent pour la régénération du système nerveux, ce qui est un véritable exploit au regard de la complexité biologique de celui-ci.

Toutes ces avancées ont été faites avec des cellules souches adultes qui s’avèrent de surcroît plus sûres que les cellules souches embryonnaires dont le potentiel oncogène (c’est-à-dire cancereux) et infectieux reste élevé.

L’avenir selon vous ?

Pr G.L. Gigli : Un des progrès majeurs est de poursuivre les recherches pour réussir à mieux stimuler, mobiliser et diriger les cellules souches adultes « de réserve » déjà existantes dans certains tissus. Les cellules IPS restent également la « révolution de la révolution » puisqu’elles peuvent être prélevées sur la peau du patient et ensuite reprogrammées, après dédifférenciation, avec le même potentiel que les cellules embryonnaires.

Enfin les cellules du cordon ombilical sont toujours aussi intéressantes, et un des axes de progrès est de renforcer leur disponibilité. Le congrès de Rome du 25 au 28 avril  2012 prochain fera un point détaillé sur les meilleures pistes de recherche actuellement explorées et privilégiées. Je recommande donc à chacun de venir y participer !