Projet de loi bioéthique : «La trisomie une fois encore stigmatisée»

Dans le Figaro, suite à l’extension du diagnostic pré-implantatoire qui est débattue à l’Assemblée dans le cadre de l’examen de la loi de bioéthique. Jean-Marie Le Méné y voit une dérive dangereuse vers une forme d’eugénisme dont les personnes trisomiques seraient les premières victimes.

Dans le cadre de toute procréation médicalement assistée (PMA), il pourrait être envisagé d’étendre le diagnostic préimplantatoire aux aneuploïdies (DPI-A), c’est-à-dire aux anomalies du nombre de chromosomes et donc à la trisomie 21. Ce point, qui sera débattu au Parlement au cours de l’examen de la loi de bioéthique, ne concerne pas que le monde scientifique mais pose une question de fond à la société. Rappelons qu’aujourd’hui le DPI a pour objet la recherche d’une anomalie génétique responsable d’une affection d’une «particulière gravité» autorisant à ne pas réimplanter certains embryons atteints. Seule l’anomalie génétique héréditaire dont les parents sont porteurs peut être recherchée. Or la trisomie 21, si elle est bien d’origine génétique, n’est pas héréditaire mais accidentelle et, de ce fait, ne peut être recherchée par DPI. L’actuel projet de loi ne prévoit pas de voter l’extension à d’autres pathologies. C’est un amendement déposé en commission par le député Philippe Berta, cosigné par l’ensemble du groupe du Modem, qui a introduit cette revendication. Il faut donner acte à Mme Buzyn de s’être opposée à ce qu’elle a perçu comme relevant d’une «dérive eugéniste claire». L’amendement a donc été rejeté en commission par 10 voix contre 8. Cependant il est à craindre qu’il ne revienne en séance à l’Assemblée car il s’agit d’une demande récurrente des praticiens et biologistes de la reproduction, mise en échec lors de la révision de la loi de bioéthique en 2011. La motivation invoquée, à la fois scientifique et médicale, est critiquable…

Retrouvez la tribune complète sur le site Figaro