Recherche Médicale : la quête du graal ?

 

jerome labo

Ce que dit Jérôme Lejeune

« L’état de la science nous autorise et nous oblige à dire : ‘ Il y a de grosses chances pour que nous soyons en mesure d’accomplir quelque chose d’utile, dans un avenir qui n’est pas éloigné.’ Et si l’on acceptait d’investir davantage dans cet effort de recherche, non seulement en argent, mais en matière grise, en capacités humaines, tous les espoirs seraient permis. Malheureusement, il arrive qu’on investisse bien davantage pour éliminer les malades que pour combattre la maladie ». « Dans la recherche, il n’y a [qu’une seule] attitude à observer. Nous ne savons pas où est le bout de la route ? Raison de plus pour ne pas perdre de temps. »

Interview de Jérôme Lejeune dans Paris-Match, novembre 1980

 

La recherche médicale au cœur de L’action de La Fondation

Guérir Les maladies Génétiques de l’intelligence,  comme y travaillait Jérôme Lejeune : mythe ou horizon accessible ?

La recherche médicale et scientifique est Le socle de l’action de la Fondation Jérôme Lejeune. Elle correspond aux objectifs du professeur Jérôme Lejeune : les avancées de La recherche médicale seront des arguments pour défendre ces patients vulnérables.

Une grande partie des efforts scientifiques de la Fondation et de l’Institut Jérôme Lejeune portent sur la recherche sur la trisomie 21. Si c’est de loin la pathologie la plus fréquente, les avancées de la recherche médicale sur ce sujet sont primordiales aussi pour la compréhension et le traitement d’autres maladies génétiques affectant l’intelligence.

La Fondation Jérôme Lejeune, acteur de la recherche

En France, l’Etat ne finance pas de programme de recherche sur la trisomie 21.

C’est pourquoi la Fondation Jérôme Lejeune, organisme à but non-lucratif reconnu d’utilité publique, s’investit dans la recherche d’un traitement susceptible de soigner la déficience intellectuelle des personnes atteintes de trisomie 21 : guérir la trisomie 21 est sa finalité !

La Fondation développe ses propres programmes de recherche et soutient financièrement les équipes de chercheurs qui travaillent sur la même thématique.

Dans le même esprit, elle a créé un centre de ressources biologiques, le CRB BioJel, pour mettre à disposition des chercheurs du monde entier des matériaux génétiques spécifiques. Elle met aussi à leur disposition le programme InterPP qui étudie les interactions entre différentes protéines, notamment celles impliquées dans la trisomie 21.

Les objectifs de la recherche

La déficience intellectuelle qui touche les personnes atteintes de trisomie 21 constitue leur principal handicap. Elle les empêche d’être autonomes et de vivre normalement.

La finalité de la recherche sur la trisomie 21 est donc de parvenir à mettre au point un traitement améliorant, puis normalisant, les fonctions intellectuelles des malades. Il s’agit par conséquent de trouver les moyens de corriger les troubles du comportement, d’augmenter les compétences sociales et d’apprentissage et de développer leur autonomie. L’ultime ambition reste, cependant, d’arriver à traiter pleinement la déficience intellectuelle : que les patients aient toute leur intelligence et puisse vivre comme tout le monde. Pour cela, deux types d’action sont possibles : la recherche génotypique et la recherche phénotypique.

Agir sur le génotype

Le génotype constitue l’ensemble ou une partie donnée de la composition génétique d’un individu. Plusieurs gènes du chromosome 21 sont candidats pour la déficience intellectuelle : RCAN (DSCR1), GIRK5, SYNJ1 etc. Parmi ceux-ci, deux gènes codant des enzymes font l’objet de programmes de recherche : DYRK1A et CBS.

Concernant le premier de ces deux gènes, l’étude Tesdad soutenue financièrement par la Fondation, et dirigée par l’équipe du Pr Mara Dierssen et de Raphaël de La Torre à Barcelone, a pour objectif d’évaluer l’efficacité de la molécule EGCG, le gallate d’épigallocatéchine, extraite du thé vert. La molécule EGCG aurait un rôle inhibiteur de la surexpression de l’enzyme DYRK1A dont on a démontré qu’elle participe au déficit intellectuel sur un modèle de souris trisomique 21.

L’étude concerne des patients trisomiques adultes. Pour l’instant 87 patients ont été inclus dans cette étude. Les premiers résultats seront publiés en fin d’année et les résultats intermédiaires sont déjà encourageants.

Pour le gène CBS, la Fondation initie en 2004 le programme de recherche CiBleS21. Il s’agit d’étudier le rôle du gène exprimant l’enzyme CBS présent sur le chromosome 21 qui serait un gène candidat pour être tout ou partie à l’origine de la déficience intellectuelle. Les résultats obtenus par l’équipe du Pr Yann Hérault, récipiendaire du prix Sisley- Jérôme Lejeune en 2013, sont prometteurs puisque les souris-modèle trisomie 21 ont bien mis en évidence le rôle du gène CBS dans les troubles des processus de mémorisation et d’apprentissage. Une nouvelle phase peut alors s’ouvrir pour trouver des applications thérapeutiques.

Agir sur le phénotype

Une autre voie de recherche consiste à observer le phénotype des patients, en l’occurrence les anomalies du fonctionnement du système nerveux central provoquées par la trisomie 21. Ainsi le programme de recherche clinique ACTHYF, développé par l’Institut Jérôme Lejeune. Cet essai clinique est le prolongement de l’étude ENTRAIN menée à l’Institut et dont les résultats ont été publiés en 2012 dans la revue scientifique américaine PlosOne. Lancé en avril 2012, ACTHYF est prévu pour une durée de 5 à 6 ans. Cet essai vise à confirmer et à évaluer l’efficacité d’un traitement à base d’acide folinique et d’hormone thyroïdienne sur le développement psychomoteur de très jeunes enfants porteurs de trisomie 21.

Par ailleurs, l’Institut Jérôme Lejeune participe à l’essai clinique initié par le laboratoire Roche. Après avoir montré le rôle déterminant de l’inhibition des récepteurs GABA dans l’amélioration des capacités cognitives des souris modèle trisomie 21, Roche entre dans la phase d’essai clinique d’une molécule modulatrice du récepteur GABA chez l’homme. Etude multicentrique et internationale, elle concernera des patients trisomiques de 12 à 13 ans pour moitié et de 14 à 30 ans pour l’autre moitié.

De nouvelles pistes, de nouveaux espoirs

La Fondation encourage enfin la mise en place de nouveaux programmes de recherche. A ce titre, elle remet chaque année le prix scientifique « Sisley-Jérôme Lejeune » et deux prix « Jeunes chercheurs –Jérôme Lejeune », destinés à promouvoir la recherche thérapeutique sur les maladies génétiques de l’intelligence et à encourager les jeunes scientifiques à travailler dans ce domaine précis de la recherche.

La recherche médicale sur les maladies génétiques de l’intelligence ne pourra avancer qu’avec une volonté manifeste de soutenir les scientifiques et de créer les conditions nécessaires à l’initiation de nouvelles études, comme le disait Sébastien Jacquemert : « toutes ces nouvelles pistes montrent qu’il ne faut pas baisser les bras devant les troubles du comportement du développement cérébral de l’enfant, car il est envisageable de le modifier et de rétablir certaines fonctions avec un traitement ciblé » *.

$1·         Figaro 06/01/2011, à propos de ses travaux de recherche sur l’X-Fragile

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