Recherche sur l’embryon : la marche forcée vers l’autorisation

Le débat reprend ce soir au Sénat alors que cette recherche déçoit et que les iPS gagnent du terrain.

 

Mardi 4 décembre 2012
COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Recherche sur l’embryon : la marche forcée vers l’autorisation

Le débat reprend ce soir au Sénat alors que cette recherche déçoit et que les iPS gagnent du terrain

Le Sénat examine ce soir, mardi 4 décembre entre 22h et 00h30, une proposition de loi « autorisant sous certaines conditions la recherche sur l’embryon et les cellules souches embryonnaires ». D’un régime d’interdiction assorti de dérogations la France passerait, si le texte est adopté par les deux hambres, à un régime d’autorisation encadré : le principe de protection de l’être humain va devenir une exception.

En opposition avec la loi de bioéthique de 2011, et sans passer par des Etats Généraux, la proposition de loi entend libéraliser radicalement la recherche utilisant l’embryon humain. Non seulement le principe fondamental serait celui de l’autorisation, mais l’encadrement de ce principe est rendu impuissant. En effet, les contraintes, présentées initialement comme des gages d’équilibre, sont en réalité inopérantes. L’élément d’encadrement le plus emblématique de la loi de 2011 est de ne recourir à la recherche sur l’embryon que si aucune alternative ne permet d’aboutir au même résultat. Si le texte est voté, cette contrainte disparaîtrait (par un amendement du gouvernement).

Or, outre les considérations éthiques, le recours à la recherche sur l’embryon humain peine aujourd’hui à trouver des justifications scientifiques.

  • Les cellules souches embryonnaires non seulement déçoivent…
    Lors de la conférence de presse de l’AFM-Téléthon, hier matin, Marc Peschanski, directeur d’I-Stem, évoquait ses travaux financés par les dons du Téléthon. Loin des «avancées spectaculaires » annoncées depuis des années, il a présenté l’évolution d’un projet lancé en 2009 à partir de cellules souches embryonnaires, envisageant au conditionnel un essai clinique pour fin 2013, voire 2014, sur les ulcères cutanés liés à la drépanocytose. Pourtant, d’autres équipes internationales ont déjà présenté des avancées majeures depuis, sans recourir à l’embryon, grâce aux cellules souches adultes utilisées sur des nécroses cutanées.
  • …mais elles sont dépassées par les iPS
    Le Prix Nobel de Médecine, le Pr Yamanaka, profitait de sa participation à un colloque à l’Académie des sciences à Paris le 13 novembre pour annoncer des avancées en termes de thérapie cellulaire grâce aux cellules souches iPS, non-embryonnaires. Son équipe de 200 chercheurs japonais lance en 2013 un essai clinique sur la DMLA. Suivront notamment de traitement de lésions de la moelle épinière, de la maladie de Parkinson et de pathologies du sang.

La Fondation Jérôme Lejeune rappelle que ces débats fondamentaux engagent un choix de société qui ne peut en aucune manière rester confiné ni à des joutes d’experts, ni à des enceintes politiques, mais doit être ouvert à l’ensemble des citoyens et au grand jour. Dans ce contexte, la Fondation Jérôme Lejeune lance cette semaine une campagne de sensibilisation à travers trois annonces à paraître dans plusieurs hebdomadaires.

 

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gbrandely@fondationlejeune.org