Rencontre avec Elisabetta Aloisi, lauréate du Prix Jeune Chercheur 2013

Rencontre avec Elisabetta Aloisi, lauréate du Prix Jeune Chercheur Jérôme Lejeune 2013. La Fondation récompense les travaux très prometteurs d’Elisabetta sur les neurones et les dysfonctionnements dans le syndrôme de l’X Fragile. 


Prix Jeune Chercheur Jerome Lejeune 2013 Elisabetta AloisiRencontre avec Elisabetta Aloisi, lauréate du Prix Jeune Chercheur Jérôme Lejeune 2013. La Fondation récompense les travaux très prometteurs d’Elisabetta sur les neurones et les dysfonctionnements dans le syndrôme de l’X Fragile. 

  • Bonjour Elisabetta, vous venez de recevoir le prix Jeune Chercheur Jérôme Lejeune pouvez-vous vous présenter ainsi que votre parcours?

Elisabetta Aloisi : Bonjour je m’appelle Elisabetta Aloisi. J’ai travaillé à l’Université de Catania en Italie et après l’obtention de mon master en chimie pharmaceutique j’ai été sélectionné pour participer au Programme PhD avec l’Université Victor Segalen Bordeaux 2 (Ecole Doctorale Science de la Vie et de la Santé – Neuroscience) et l’Université de Catania (programme international PhD en neuropharmacologie) sous la supervistion du Dr. Andreas Frick, du Dr. Maria Vincenza Catania et du Pr. Pier Vincezo Piazza. Je suis actuellement en train de poursuivre mes recherches au Neurocentre Magendie à Bordeaux. Je travaille sur mon projet d’étude des bases neurobiologiques du syndrome de l’X Fragile, le syndrome génétique le plus commun d’handicaps intellectuels et de développement, lié à une mutation du gène Fmr1 localisé dans le chromosome X.

 

  • Vous avez fait votre thèse sur le syndrome de l’X fragile : Quels étaient vos hypothèses de départ? Comment se compose les synapses ? Quels sont les structures liées à la transmission des informations? En quoi les récepteurs métabotropiques au glutamate étaient intéressant à étudier?

Elisabetta Aloisi : Le syndrome de l’X Fragile conduit à un conditionnement génétique qui cause des troubles cognitifs et de développements. Certaines preuves dans l’étude de modèles animaux atteints de syndrome de l’X Fragile montrent une altérité de l’activité et des connections entre neurones (l’essentiel des cellules du cerveau est composé de neurones) et les synapses (lieu où les signaux nerveux passent d’un neurone à un autre). Les synapses sont des petites structures contenant environ 2000 protéines qui ont besoin d’être réglées d’une manière très contrôlé. La moindre dysfonction de dans ce lieu des cellules peut conduire à des maladies cérébrales. L’autisme et le retard mental sont quelques exemples : ils ont pour origine le mauvais fonctionnement des synapses.

Les changements dans les interactions du récepteur à glutamate métabotropique sub-type 5 (mGlu5) avec une structure de protéine à l’intérieur de la synpase semble être un mécanisme essentiellement pathogène au cœur du syndrome de l’X Fragile. Les récepteurs de mGlu5 sont un groupe de récepteurs de glutamate (le glutamate est le principal neurotransmetteur excitateur dans le cerveau) qui régule les communications les neurones au niveau de la synapse. Malgré le rôle prééminent des récepteurs de mGlu5 dans la régulation des activités cognitives du cerveau, celui-ci est très peu connue concernant la répartition et le dynamisme de ces récepteurs sur les synapses. Nous avons donc mis l’accent sur l’étude des changements de liens des récepteurs de mGlu5 avec la structure des protéines au sein de la synapse et comment cela peut-il affecter le dynamisme et la répartition de ces récepteurs. Nous avons pu démontrer que l’altération de ces liens conduisent à des dysfonctionnements des récepteurs de mGlu5 sur la synapse et qui est l’origine de nombreux symptômes pathologique du syndrome de l’X Fragile.

  • Qu’est ce que les résultats de vos travaux vous ont-ils permis de voir? En quoi cela est-il une découverte et quels en sont les implications?

Elisabetta Aloisi : Notre travail à consister à clarifier les éléments les nouveaux mécanismes interne à la cellule impliqué dans le syndrome de l’X Fragile. Pour la première fois nous avons trouvé une altération du dynamisme des récepteurs mGlu5 dans les animaux ayant le syndrome de l’X Fragile, suggérant une nouvelle transformation de la fonction réceptive. De plus nous avons montré que cette instabilité a pour cause une association défectueuse avec la structure des protéines au sein des synapses.

Cette étude suggère des nouvelles directions pour comprendre le rôle du récepteur du mGlu5 dans la régulation des fonctions syntactiques et dans quelle mesure ces changements d’activités contribuent aux désordres cognitifs et l’autisme, comme le syndrome de l’X Fragile.

  • Quelles conséquences ou recherches thérapeutiques cela ouvre-t-il dans les années à venir?

Elisabetta Aloisi : Nos travaux montrent de nouvelles preuves des modifications dans l’interaction des récepteurs de mGlu5 avec les structures protéines présentes dans les neurones des animaux atteints du syndrome de l’X Fragile.

Ces travaux peuvent nous mener au développement d’une nouvelle stratégie thérapeutique pour le traitement de ces troubles. La modulation des liens entre les récepteurs mglu5 et les structures protéinases peuvent représenter une nouvelle approche thérapeutique pour le syndrome de l’X Fragile et les maladies cognitives qui lui sont liées. L’autre possibilité serait de modifier l’instabilité du récepteur au niveau de la synapse afin de restaurer sa fonction réceptive.

  • Comment envisagez-vous votre avenir dans les prochaines années?

Elisabetta Aloisi : J’aimerais, les prochaines années poursuivre mes investigations sur l’autisme. Je pense que l’étude des prémices du développement permettra de donner les meilleures chances de traitement, parce que le cerveau d’un jeune enfant est encore en cours de formation. L’intervention précoce donnera aux enfants une plus grande chance d’améliorer leurs conditions de vie. Pour cela, j’aimerais étudier les problèmes de développement, et notamment les difficultés d’apprentissage et les handicaps cognitifs.

Si j’en ai l’opportunité, je voudrais transmettre la connaissance scientifique de base que j’ai acquise au cours de ces années de précliniques ou d’études cliniques. Elles pourront conduire à d’importantes avancées dans la compréhension des troubles cognitifs.

  • Si vous aviez un rêve de fin de carrière quel serait-il?

Elisabetta Aloisi : Bien que ma carrière soit juste à son commencement, j’ai quand même certains rêves. Je voudrais continuer à travailler dans le domaine de la recherche fondamentale et en parallèle avoir des collaborations avec des cliniciens pour améliorer les conditions de mes patients à travers des recherches interdisciplinaires. J’espère que mon travail pourra être utile pour disséquer les mécanismes soulignant les troubles cognitifs, d’autisme et par conséquence cela aidera les cliniciens à trouver des traitements pour ces troubles. Enfin je voudrais pouvoir regarder ma carrière et être fier d’avoir pu faire avancer significativement la recherche, utile aux personnes ayant un retard mental.

 


Les Prix : Prix International Sisley-Jérôme LejeunePrix Jeune Chercheur Jérôme Lejeune
Lauréats du Prix Jeune Chercheur Jérôme Lejeune 2013 : Alexandra Trotier-Faurion, Elisabetta Aloisi, Aurore Thomazeau
Membres du jury du Prix Jeune Chercheur Jérôme Lejeune 2013.
Les Lauréat du Prix International Sisley – Jérôme Lejeune 2013 :  Lynn Nadel – Université d’Arizona – Yann Hérault – Illkirch
Membres du Jury International Sisley-Jérôme Lejeune 2013
Dossier de Presse 2013