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Steven Willemin, « Raconte-moi la trisomie »

Raconte-moi la trisomie
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17 Jan 2024 Steven Willemin, « Raconte-moi la trisomie »

Steven Willemin est un praticien de la fragilité. Dès l’école primaire, il côtoie la trisomie 21. Quelques années plus tard, devenu Papa d’un petit Angelo porteur de trisomie 21, il chausse d’autres lunettes pour faire découvrir la richesse de ces personnes.

« Une véritable aventure », ce sont les mots qui disent le mieux le projet de Steven Willemin. Ce Suisse à l’accent prononcé s’est en effet lancé, il y a plus d’un an et demi, dans une idée un peu folle, une idée qui le taraudait depuis longtemps : réaliser un film, Raconte-moi la trisomie. Il voulait « un film qui concerne tout le monde, important aujourd’hui alors qu’on parle d’inclusion à l’école ».

Des moments uniques

C’était il y a longtemps, C’était il y a longtemps : alors qu’il était élève en primaire, Steven Willemin se lie d’amitié avec le fils du directeur. Cet enfant est porteur de trisomie 21. Steven se souvient : à la récréation, dans la cour, ils jouent ensemble à Lucky Luke. « Ça m’a marqué, explique-t-il. Depuis, les personnes porteuses de trisomie 21 sont pour moi sympathiques ». Aujourd’hui, il est papa d’Angelo, un petit bonhomme attachant et porteur de trisomie 21. « Je l’ai filmé, j’ai filmé des moments assez uniques, ça a achevé ma réflexion ». C’est alors qu’il quitte son travail à la télévision pour se lancer seul, sans ressource, avec sa femme comme principal soutien, dans la réalisation du documentaire Raconte-moi la trisomie : il veut « scénariser l’histoire, rendre son vécu accessible, révéler la beauté des personnes trisomiques en les filmant … ».

Délicatement, Steven Willemin navigue entre les visages de 11 personnes porteuses de trisomie 21 au cours de séquences intimes, joyeuses ou douloureuses. À Bruxelles, il met ses pas dans ceux de Pascal Duquenne, touché de voir que l’acteur du film Le 8e jour est attentif au photographe qui l’accompagne et qui s’attarde au coin d’une rue. L’acteur poursuit sa carrière et Steven Willemin le suit sur scène au milieu d’autres acteurs en plein spectacle. On découvre aussi la passion pour les échecs d’Axel, 12 ans, « qui triche un peu », ou l’amitié profonde qui unit Maxime à son voisin, Léo, de 8 ans son cadet et qui n’a pas de trisomie. Ils partagent ensemble ping-pong et rêves de voyages. Le réalisateur conduit le spectateur à travers l’univers de chacun, allant de la peinture au basket, du théâtre jusqu’au rap, dans un souci de toujours filmer des scènes authentiques. « C’était l’avantage d’être seul, précise-t-il, c’était plus facile d’arriver à des interactions sincères, à de vrais échanges, qu’avec toute une équipe ». Au hasard des rencontres, la caméra s’arrête sur le deuil qui fait souffrir Alexandra ou sur une relation amoureuse, à chaque fois filmés avec beaucoup de pudeur et de respect.

« Toutes ces personnes ont besoin d’être mises en valeur »

Quand on lui demande s’il n’a pas peur d’être accusé de présenter une vision angélique de la trisomie, Steven Willemin répond en toute franchise : « La trisomie, ça n’est pas rien, problèmes de cœur, maladies… ça peut bouffer la vie. J’avais envie une fois de montrer leurs capacités, qu’on arrête de voir tout de suite les problèmes ».

Aujourd’hui, le réalisateur garde des liens forts avec toutes les personnes qu’il a rencontrées comme avec Alexandra qui a insisté pour l’inviter à dîner avec son fils Angelo, plusieurs mois après le tournage. Ce qui n’arrive jamais d’habitude.

Même s’il avoue que, tout seul, l’expérience est difficile, Steven ne regrette pas de s’être lancé dans ce projet. Son objectif est aujourd’hui de trouver le petit coup de pouce financier qui lui permettra d’aller au bout de son film, pour ensuite le distribuer au cinéma en Suisse et en France au travers des programmations classiques ou des soirées suivies d’échanges.

« Toutes ces personnes ont besoin d’être mises en valeur » : voilà certainement le Leitmotiv de Steven, lui qui, à sa manière, possède certainement un peu la trisomie dans ses gènes, simplement d’une autre manière.

Pour découvrir  le film : bande annonce

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