« Je suis un homme, j’ai signé mon CDI ! »

François est un jeune garçon dynamique, volontaire et… trisomique. Apres une adolescence heureuse, il a su s’investir dans le monde adulte et professionnel pour y décrocher son premier emploi à la Fondation.

Lorsqu’il avait 3 ans, François s’est mis à marcher. Il n’était pas trop tôt mais comme aujourd’hui encore, il allait à son rythme, tranquillement et surement. Ce petit chromosome qui le retarde ne l’empêche pas de toujours vouloir aller de l’avant. « Je veux faire des efforts, je veux avoir un travail, faire du sport, voir mes amis, être un homme comme papa ! ». Il sait qu’il est trisomique et il répète souvent : «je veux guérir ».

Quatrième d’une fratrie de 6 enfants, François a toujours été très entouré. D’abord par des parents confiants et optimistes mais aussi par l’attention et les encouragements des autres dans un environnement stimulant. Mayté, sa mère, précise qu’elle ne lui a jamais réclamé plus qu’il n’était capable de faire ou de donner mais elle a toujours tenu à lui « fixer des objectifs accessibles et motivants ». Dès le départ, il était important que François soit bien élevé, poli et soigné pour se rendre attractif aux yeux des autres, se faire aimer et être aimé.

François est né en Normandie mais il a grandi à Paris. Dès sa naissance, ses parents avaient immédiatement recherché de l’aide pour planifier son suivi. Le caryotype dans une main et le couffin de son fils dans l’autre, Mayté et Alexandre, ses parents, s’étaient rendus à l’Institut Jérôme Lejeune pour demander conseil. Mayté garde un souvenir ému du formidable accueil que lui réserva le Professeur Réthoré. Alexandre, lui, avait écrit un livre pour dénoncer le peu de considération que notre société portait et porte encore à la trisomie 21.

François est passé par la crèche de son quartier, puis il a suivi une maternelle ordinaire en compagnie d’une AVS1 avec un emploi du temps aménagé. A 6 ans, il a intégré le primaire dans une Clis2 comprenant quelques élèves atteints de déficience intellectuelle. Ce fut une expérience très positive car il ne craignait pas d’être débordé par le rythme d’un groupe ordinaire. C’est à cette période qu’il développa un fort gout pour la lecture et manifesta de gros progrès d’usage de la parole grâce à la méthode Makaton. Il a ensuite été accueilli en classe aménagée Ulis3 au Collège et Lycée Stanislas en compagnie d’autres élèves handicapés, encadrés par l’association Access. Cette structure très précieuse est chargée d’assister les élèves comme François dans leur rapport entre l’école, l’entreprise et le monde extérieur, tout en leur offrant des activités de cohésion et de loisirs. Dans ce contexte, François a effectué deux stages dans la restauration avant de se diriger avec évidence vers la Fondation Jérôme Lejeune. Fréquentant la Fondation depuis le plus jeune âge, il s’y est investi avec entrain pour 2 années de stage en alternance avec son école. François a appris à suivre le courrier, les livraisons et assister son tuteur dans un grand nombre de tâches logistiques. Il fut aussi membre du jury « Europe affiches », un concours artistique international destiné à des groupes de jeunes handicapés. Toujours ferme, exigeant mais aussi paternel, Olivier Roubaud est très satisfait des efforts et de l’investissement de son stagiaire.

De nature passionnée, François a le goût des autres. Il a pratiqué le scoutisme et s’adonne à la natation, au basket, au tennis et au vélo. Il est aussi féru de match de foot à la télévision. En vacances, sans tv, il n’hésite pas à investir le bar du coin pour suivre les matchs autour d’une saucisse frites. Il aime aussi repasser voir le patron des lieux pour évoquer les gloires et chutes du Paris Saint Germain. François n’a pas froid aux yeux et n’hésite jamais à s’exposer devant les autres. Sa mère organise et joue dans des pièces de théâtre amateurs et c’est sans doute cet exemple qui l’a poussé, un soir d’été 2015, à monter sur scène dans la cour du château du Puy du Fou. A l’occasion d‘une grande soirée donnée au profit de la recherche financée par la Fondation Jérôme Lejeune, François s’était présenté au lutrin pour prononcer aux côtés de Philippe de Villiers et Jean-Marie Le Méné un discours de remerciements devant près de 2 000 personnes médusées par la performance.

En cette rentrée 2017, François vient de signer un CDI à la Fondation Jérôme Lejeune, le jour anniversaire de ses 19 ans. « Je suis heureux car mes parents, mes frères et soeurs, mes amis et mes collègues sont très fiers de moi » !

1 AVS : Assistant de la Vie Scolaire
2 Clis : Classe pour l’inclusion scolaire
3 Ulis : Unités localisées pour l’inclusion scolaire