Table ronde au Conseil de l’Europe Jeudi 28 juin 2012

Eugénisme et droits de l’homme : l’affaire Kruzmane

Les associations et familles européennes de personnes porteuses de trisomie 21 mobilisées autour de la déclaration « STOP EUGENICS NOW to protect persons with disabilities » – dénonçant la menace d’une reconnaissance de l’eugénisme des enfants à naître, handicapés ou malades comme un droit fondamental par la Cour Européenne des Droits de l’Homme (CEDH) – participeront jeudi 28 juin 2012 à une table-ronde* au Conseil de l’Europe sur le thème « Eugénisme et droits de l’homme, les enjeux du dépistage prénatal ». C’est la 1ère fois que des associations trisomie 21 agissent ensemble au niveau européen pour une telle mobilisation sur une question de société si critique. La discrimination des personnes porteuses de handicap atteint son paroxysme. La société européenne toute entière est en danger.

En réaction à l’affaire « Kruzmane vs.Lettonie » en cours de jugement à Strasbourg, les associations européennes ont entrepris une action commune de sensibilisation à travers une déclaration en ligne sur le site www.stopeugenicsnow.org. Cette mobilisation regroupe déjà 25 organisations**, majoritairement des associations Trisomie 21 et handicap qui pointent du doigt les graves dérives eugéniques du processus «Dépistage – Elimination » tel qu’il est souvent déjà en place en Europe (en France par exemple, 96% des fœtus détectés trisomiques sont éliminés). Avec l’affaire Kruzmane, il existe un risque de faire inscrire comme droit fondamental le droit de supprimer la vie des enfants trisomiques avant leur naissance.

Une telle décision viendrait aggraver violemment la stigmatisation des personnes handicapées, qui seraient alors considérées collectivement et publiquement comme des individus « non conformes ». Patrick Clarke, directeur de l’association « Down Syndrome Irlande » et porte-parole du mouvement « Stop Eugenics Now » interviendra jeudi 28 juin lors d’une Table-Ronde au Conseil de l’Europe pour soulever les graves conséquences que le jugement pourrait avoir sur les personnes porteuses de trisomie 21 et leur famille :

«Nous familles voulons témoigner que la vie de ces personnes est belle et qu’elle mérite d’être vécue. Les souffrances que nous vivons ne viennent pas de notre enfant mais des attitudes discriminatoires de notre société normative où il n’y a plus de place pour la différence. Notre fis David qui fête ses 31 ans est un garçon épanoui. Il gagne en autonomie et croque la vie à pleine dent : c’est un citoyen à part entière qui travaille et vote à chaque élection. Il est même champion de natation en Irlande dans sa catégorie ! Il m’est inconcevable de se voir priver de la vie d’enfants atteints de trisomie 21 à cause de la méconnaissance et de la stigmatisation de la société.»


 

*A propos de la table-ronde du 28 juin au Conseil de l’Europe (Salle n°5 ):

13h – 14h : Eugénisme et droits de l’homme : les enjeux du dépistage prénatale (organisée par l’ECLJ avec le soutien du PPE)

Mr Patrick Clarke, directeur de l’association « Down Syndrome Irlande » et porte parole de l’action « Stop Eugenics Now »
>Vivre avec un enfant porteur de Trisomie 21
Dr Grégor Puppinck, Directeur du Centre européen pour le droit et la justice (ECLJ)
> Le cas « Kruzmane vs. Lettonie » à la CEDH : Droits de l’homme et nouvel eugénisme ?
Mr Jean-Marie Le Méné, Président de la Fondation Jérôme Lejeune
>Trisomie 21 : La France à la pointe de l’eugénisme ?
Mr Luca Volontè, MP, Président du groupe PPE
>Motion de résolution : “Combattre l’eugénisme et la discrimination contre les personnes porteuses de handicap”

14h15 : Point Presse

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