Trial 21 : Améliorer la connaissance du lien entre Trisomie 21 & maladie d’Alzheimer

Financé par la Fondation Jérôme Lejeune, le projet de recherche Trial 21, à l’initiative de l’Institut Jérôme Lejeune, étudie les liens entre la trisomie 21 et la maladie d’Alzheimer.

Comprendre l’objectif de Trial 21
Trial 21 est un protocole de recherche, concernant les patients adultes, âgés d’au moins 35 ans, qui ont un risque de développer la maladie d’Alzheimer plus élevé que dans la population générale. Ce risque est lié à une protéine, la protéine β-amyloïde, qui s’accumule dans le cerveau des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer, et qui est produite par un gène (APP) situé sur le chromosome 21. Les personnes porteuses de trisomie 21, en raison de leur chromosome 21 surnuméraire, vont produire en excès cette protéine et être davantage prédisposés à développer cette maladie.

Ainsi, les personnes porteuses de trisomie 21 représentent le groupe le plus large de sujets qui développent une maladie d’Alzheimer avant l’âge de 60 ans, c’est-à-dire de manière précoce. L’âge moyen de déclaration de la maladie est de 55 ans mais certains patients sont affectés dès 40 ans : cette variabilité semble suggérer qu’il peut y avoir des facteurs génétiques, biologiques et/ou environnementaux aggravant ou au contraire ralentissant la progression et le développement de la maladie d’Alzheimer.
Si les premiers signes annonciateurs de la maladie d’Alzheimer peuvent être difficiles à détecter chez les patients porteurs de trisomie 21, en raison de leur déficience intellectuelle, il est donc nécessaire d’identifier clairement des facteurs de progression, afin d’établir des diagnostics précoces et de pouvoir déployer des moyens d’intervention efficaces.

Le projet en pratique
Porté par l’équipe gériatrique de l’Institut Jérôme Lejeune, cette étude a débuté en mars 2019, pour une durée de 4 ans, durant laquelle 200 patients seront inclus et suivis pendant 2 ans. Les patients concernés, des adultes de 35 ans ou plus, sont des personnes sans diagnostic de maladie d’Alzheimer. Dans le cadre de l’étude, les patients bénéficient de différents examens médicaux : au total, trois visites médicales, deux évaluations neuropsychologiques, une IRM cérébrale, une ponction lombaire et deux bilans sanguins. Pour chaque patient, c’est minimum cinq personnes qui sont mobilisées au sein de l’Institut à chaque visite : médecin, infirmières, neuropsychologue, coordinateur de projet de recherche. Le suivi des patients se fait à l’Institut. Seule l’IRM est pratiquée à l’extérieur, au CENIR (Centre de Neuro-Imagerie de Recherche), une unité spécialisée dans les protocoles de recherche sur la maladie d’Alzheimer à l’Hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris.

Le patient se voit proposer l’ensemble des procédures du protocole mais leur réalisation reste pragmatique selon les possibilités et les vœux de chacun. Tout est mis en œuvre afin que le patient se sente bien. Par exemple, lors de la ponction lombaire, consistant à prélever du liquide céphalo-rachidien pour y mesurer les marqueurs de la maladie d’Alzheimer, deux infirmières assistent le médecin pour assurer les meilleures conditions techniques, mais aussi de confort au patient. Grâce à l’utilisation d’aiguilles atraumatiques (comme le recommande la Haute Autorité de la Santé), d’un patch d’EMLA (crème anesthésiante) et de MEOPA (gaz procurant un effet analgésique et relaxant), le prélèvement s’effectue sans douleur.

25 patients participent à l’étude depuis son lancement. Les inclusions se poursuivront en 2020, au rythme de deux par semaine. Trial 21 n’est pas un protocole de recherche thérapeutique : son objectif est d’étudier l’évolution naturelle de la maladie. Mais cette étude est un prérequis nécessaire qui permet d’acquérir des connaissances pour réaliser, demain, un essai thérapeutique.

La recherche thérapeutique dans la maladie d’Alzheimer s’oriente vers une prise en charge très précoce voire préventive. Même si la recherche avance, l’arrivée sur le marché d’un médicament va prendre encore du temps. Aujourd’hui, le moyen le plus efficace pour un patient d’avoir accès à un traitement, est de participer à un protocole de recherche. Compte-tenu de leurs prédispositions, les personnes porteuses de trisomie 21 pourraient être les premières à en bénéficier. Tel est l’objectif de TRIAL 21 !