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Synthèse des États généraux de la bioéthique et rapport de l’OPECST : la Fondation Jérôme Lejeune dénonce l’absence de réel débat, de vraie réflexion éthique et une redéfinition fallacieuse du vocabulaire de la médecine hippocratique

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07 Juil 2026 Synthèse des États généraux de la bioéthique et rapport de l’OPECST : la Fondation Jérôme Lejeune dénonce l’absence de réel débat, de vraie réflexion éthique et une redéfinition fallacieuse du vocabulaire de la médecine hippocratique

À la suite de la publication de la synthèse des États généraux de la bioéthique par le CCNE et de la remise du rapport de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST) le 30 juin dernier, la Fondation Jérôme Lejeune exprime sa vive préoccupation. Derrière l’affichage d’un processus démocratique et scientifique, la Fondation dénonce un calendrier précipité, une concertation en vase clos et, sur le fond, une  acceptation consciente de mesures eugéniques.

Un débat confisqué par l’agenda politique ?

La Fondation Jérôme Lejeune s’étonne, en premier lieu, de la forme et du calendrier choisis. Pourquoi une telle précipitation à tenir ces États généraux au premier semestre 2026, dans un contexte politique national tendu et incertain, alors même que l’attention des citoyens investis sur les sujets bioéthiques était légitimement focalisée sur le débat autour de la fin de vie ? Le “débat démocratique” annoncé  par le CCNE n’a pas eu lieu.

Les États généraux ont suscité une indifférence quasi générale. L’affluence aux concertations publiques est restée extrêmement faible. Le CCNE reconnaît d’ailleurs que les participants « sont toujours les mêmes », pointant un risque de « circulariser des positions établies ». La Fondation Jérôme Lejeune a pu le constater par elle-même : loin d’être impartiaux, les animateurs des débats publics ont trop souvent utilisé leur tribune pour faire le plaidoyer de leurs propres revendications — la première concertation sur la GPA en a été l’exemple le plus éloquent.

« Ces États généraux n’ont pas mis en mouvement les Français, mais uniquement des institutions pressées de réviser, pour la nième fois, la loi de bioéthique afin de faire de légaliser ce qui n’a pas réussi à l’être lors de la dernière révision », déplore la Fondation Jérôme Lejeune.

L’absence de réflexion éthique

Sur le fond, la Fondation Jérôme Lejeune alerte avec gravité sur l’absence de réflexion éthique globale. Si la synthèse du CCNE tente de feindre l’équilibre, les thématiques retenues épousent scrupuleusement le catalogue des revendications des sociétés savantes et des groupes de pression : PMA post-mortem, méthode ROPA, DPI-A, diagnostic préconceptionnel ou encore GPA. Le rapport de l’OPECST quant à lui donne la feuille de route des futurs travaux parlementaires en donnant 82 recommandations. Nombre d’entre elles sont marquées par l’aspect scientiste des lois de bioéthique, par une fuite en avant dans le marché de l’industrie de la procréation par l’obsession de la sélection génétique ou par la continuelle chosification de  l’embryon humain. 

Le déni de l’eugénisme : le cas du DPI-A

La Fondation Jérôme Lejeune tire la sonnette d’alarme : la question fondamentale de l’eugénisme n’est pas sérieusement étudiée. 

Conclure platement, comme le fait le CCNE, que le DPI-A (Diagnostic Préimplantatoire des Aneuploïdies) « ne fait pas consensus », tout en actant que dans 95 % des situations les fœtus porteurs de trisomie 21 font l’objet d’une interruption médicale de grossesse, est une esquive éthique inacceptable.

La recommandation de l’OPECST visant à autoriser le DPI-A « à titre expérimental strictement dans le cadre d’essais cliniques et sur une période limitée” est une stratégie cousue de fil blanc pour piétiner, en une phrase, la volonté du législateur de 2021.

L’OPECST ignorerait-il que le jour même de la remise de son rapport, une publication scientifique dans The Lancet prouvait une fois de plus que le DPI-A n’améliore en rien les taux de réussite des PMA. (1)

L’urgence de poser des bornes claires

L’eugénisme est sous-jacent depuis trop longtemps en France, alimenté par la politique de dépistage prénatal (DPN). Pour la Fondation Jérôme Lejeune, il y a urgence absolue à réagir : avant de se laisser dicter sa conduite par les seuls desiderata technologiques et industriels (DPI-A, diagnostic préconceptionnel), le législateur doit poser des bornes éthiques claires, fermes et intangibles pour faire barrage à toutes pratiques eugéniques. La personne humaine doit urgemment être remise au centre du débat. 

(1) Sarah Lensen et al., Safety and effectiveness of ten common in-vitro fertilisation add-ons: a systematic review and meta-analysis, The Lancet Obstetrics, Gynaecology, and Women’s Health, 23 June, 2026, DOI: 10.1016/S3050-5038(26)00054-3

– Vous pouvez suivre toute l’actualité de la révision de Loi de Bioéthique sur genethique.org

– Vous avez des questions juridiques, éthiques ou scientifiques sur ces sujets : la Fondation Lejeune met un service de décryptage à disposition. Contacter Lucie sur bioethique-tour@fondationlejeune.org

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