Actualités de la Fondation

3ème Congrès international de bioéthique J. Lejeune à Rome : « La splendeur de la vérité en science et en bioéthique »

congres rome 2025 aude JMLM
Évènement
06 Juin 2025 3ème Congrès international de bioéthique J. Lejeune à Rome : « La splendeur de la vérité en science et en bioéthique »
« Comment pourrait-il y avoir contradiction entre le vrai et le vérifié ? C’est toujours le second qui tarde. » C’est cette citation de Jérôme Lejeune qui a conclu, avec succès, le 3ème Congrès international de bioéthique Jérôme Lejeune qui s’est déroulé à Rome les 30 et 31 mai derniers. L’événement organisé par notre Chaire internationale de Bioéthique Jérôme Lejeune s’est imposé, depuis sa première édition en 2023, comme un forum international de premier plan pour débattre sur les questions essentielles de bioéthique avec près de 400 participants, de nombreux orateurs et la participation de 40 institutions internationales. Parmi celles-ci la Catholic University of America, les prestigieux Institut Pellegrino et Institut Kennedy de la Georgetown University de Washington, des Universités d’Argentine, du Mexique, du Congo, d’Espagne, d’Italie, les Chevaliers de Colomb, la Fédération internationale des Médecins catholiques (FIAMC), Word on Fire (Usa) et la FAFCE.

Le congrès de cette année, qui avait pour thème : « La splendeur de la vérité en science et en bioéthique », affrontait la question de l’existence de la vérité à la croisée des sciences expérimentales (physique, astronomie), de la médecine, de la philosophie et de la théologie, grâce aux interventions d’experts de ces différentes disciplines.

La conférence d’ouverture a été donnée par le cardinal Willem Jacobus Eijk (Pays-Bas), médecin, qui a montré comment la science et la bioéthique peuvent servir la vérité, à condition de respecter trois principes fondamentaux : reconnaître  « que la raison humaine est capable de connaître les vérités métaphysiques », que « l’homme possède une autonomie relative », et que la vie humaine est une « valeur intrinsèque ».

Le Pr Juan Arana (Espagne), philosophe des sciences renommé au plan international et académicien de l’Académie royale des sciences morales et politiques d’Espagne, a présenté une conférence lumineuse sur la manière dont « l’évolution de la pensée occidentale a négligé la recherche des grandes vérités de la philosophie au profit des petites vérités de la science », alors qu’en réalité ces dernières sont liées aux premières « par des fils certes subtils mais efficaces : nous devrions nous efforcer de rétablir ce lien perdu ». Il a ensuite insisté sur le caractère indispensable de la philosophie et de la métaphysique dans la recherche de la vérité en dialogue avec la science.

Ensuite, le Pr. Bernard Schumacher (Suisse), de l’Université de Fribourg, a montré que l’évolution de la méthode scientifique entraînait une évolution du rapport à la vérité : avec la méthode scientifique moderne, « la réalité est réduite à ce qui est d’ordre mathématique » et on est conduit à penser « que la science ne peut saisir que des faits nécessaires, connaissables par l’expérimentation empirique ». Évacuant ainsi du champ de la connaissance tout ce qui n’est pas démontrable empiriquement. 

La conférence du philosophe Thibaud Collin (France) a également suscité un grand intérêt. Il a interrogé la nature de la doctrine de la loi naturelle : « est-elle une idéologie à dénoncer comme telle ? » « N’est-elle qu’une construction sociale et historique “naturalisée” et donc critiquable ? Mais alors, sur quoi se fonde le juste et l’injuste et au nom de quel critère la sociologie critique peut-elle déconstruire la loi naturelle ? ».

Le congrès comportait également deux tables rondes. Dans la première, la généticienne Teresa Perucho (Espagne), le chirurgien Emmanuel Sapin (France) et le néonatologiste Robin Pierucci (États-Unis) ont analysé les critères d’un juste conseil génétique : comment accompagner les parents dans une annonce difficile sans trahir son devoir de médecin, fait de compassion et de respect de la vie humaine ?

La seconde table ronde a abordé le thème de l’objection de conscience, grâce aux interventions de deux éminents orateurs, Grégor Puppinck (France) du Centre européen pour le droit et la justice et Nicolas Lafferriere (Argentine) du Centro Bioetica Persona e Famiglia. G. Puppinck a montré que « si la question du droit à l’objection de conscience est si débattue, c’est parce que la conscience personnelle est l’ultime et véritable témoin de la vérité et du bien ». Lafferriere, quant à lui, citant l’encyclique Evangelium Vitae, a expliqué que le refus de participer à une action injuste n’est pas seulement un devoir moral, mais aussi un droit humain fondamental. Si tel n’était pas le cas, « la personne humaine serait contrainte d’accomplir une action intrinsèquement incompatible avec sa dignité et, de cette manière, sa liberté même, dont le sens et la finalité authentiques résident dans son orientation vers la vérité et le bien, serait radicalement compromise ».

Le dernier jour de la conférence, le samedi 31 mai, le Pr. Emmanuel Sapin est intervenu sur la dysphorie de genre. Quelle est la vérité sur ce sujet controversé ? Chirurgien de grande expérience en ce domaine, il a rappelé que la différence sexuelle est une réalité objective. En expliquant le développement génital et sexuel depuis le stade embryonnaire, il a montré que les hormones et le cerveau jouent un rôle prépondérant dans l’élaboration de l’identité sexuelle. Il a alerté sur la tentation contemporaine de considérer les troubles et anomalies de cette identité comme de simples variantes de la normale et sur le danger de mal nommer ces réalités objectives. Il a aussi rappelé qu’il serait important, dans un souci de vérité scientifique, de travailler sur les causes de l’augmentation des troubles d’identité sexuelle et d’étudier notamment la responsabilité des perturbateurs hormonaux et environnementaux dans le développement génital et sexuel.

Enfin la table ronde sur la création du monde et l’apparition de l’homme sur terre a suscité un grand intérêt, avec les brillantes interventions du Pr Michael Taylor, philosophe (États-Unis), du Pr Angelo Carfì, médecin, chirurgien et astronome (Italie) et d’Olivier Bonnassies (France), auteur du best-seller Dieu, la science, les preuves. Les intervenants ont souligné la convergence et la complémentarité des connaissances des sciences expérimentales et de la Révélation concernant les débuts de l’univers et de l’homme. Les récents et grands progrès de la science conduisent à reconnaître des sauts dans l’apparition du vivant que rien n’explique sur le plan scientifique, ni le hasard, ni la nécessité, et qui obligent à étendre le regard.
congrès de rome 2025
Congrès de Rome 2025
jean marie le méné_ congrès de Rome 2025
Intervention de Jean-Marie Le Méné

La rencontre s’est achevée par une magnifique conférence de Jean-Marie Le Méné, président de la Fondation Jérôme Lejeune, qui a montré que l’articulation entre le temps et la vérité est une caractéristique de l’œuvre de Jérôme Lejeune. Introduisant la notion de temps dans ses réflexions sur les manipulations du vivant (l’accélération de la mort ou le ralentissement de la vie), Jérôme Lejeune s’est aussi penché sur le temps des hommes. Cela signifie que le généticien qu’il était « s’est intéressé à la genèse de l’homme dans le ventre de sa mère et à la genèse des hommes sur la Terre » : «  À cet égard, on peut retenir deux idées sur lesquelles Lejeune a particulièrement insisté. D’une part, même s’il a connu des évolutions, l’homme n’est pas le fruit d’une hominisation progressive. D’autre part, ce que dit la science n’est pas incompatible avec ce que dit la Bible ». En montrant comment Lejeune rejetait le concordisme comme le discordisme, Jean-Marie Le Méné nous a conduits dans une passionnante redécouverte des études de Jérôme Lejeune sur l’apparition du premier homme sur la terre, selon son hypothèse adamique. Jean-Marie Le Méné n’a pas manqué de rappeler également la caractéristique de l’esprit scientifique du Pr Lejeune : « il est celui qui avoue sans honte que ce qu’il sait est microscopique par rapport à tout ce qu’il ne sait pas, et qui est fasciné par l’aventure de l’intelligence sur le chemin de l’intelligible ».

Enfin, pour clore ce passionnant congrès, le Pape Léon XIV a fait la grande surprise d’envoyer une lettre de félicitation et d’encouragement pour la tenue de ces travaux. Il dit souhaiter « que les activités de la conférence favorisent des approches de la science toujours plus authentiquement humaines et respectueuses de l’intégrité de la personne » et il encourage les participants « à persévérer avec engagement dans l’étude et l’application des connaissances scientifiques au service de la vérité et du bien commun ».

Le choix du titre du congrès, « la splendeur de la vérité en science et en bioéthique », était une invitation à l’émerveillement, un appel à renouer avec la joie de l’intelligence qui découvre la beauté de la vérité. L’objectif a été atteint !

Le contenu des conférences sera prochainement publié sur le site du congrès.

Partager l'article sur