Actualités de la Fondation

Euthanasie : au Sénat, une critique acérée et un témoignage poignant

veronique jean marie, sénat
Actualités
09 Sep 2025 Euthanasie : au Sénat, une critique acérée et un témoignage poignant

Jeudi 4 septembre, Jean-Marie Le Méné et Véronique Bourgninaud ont été auditionnés pour la Fondation Jérôme Lejeune devant la commission des affaires sociales du Sénat, en amont du débat en séance publique qui aura lieu à partir du 7 octobre. Leur plaidoyer est à lire en intégralité et à partager sans modération. Le texte de loi n’a pas encore été adopté. La route parlementaire est encore longue, rien n’est joué !  Vous aussi, agissez auprès des élus en leur écrivant : elus.toutmaispasca.org.

Le plaidoyer de Jean-Marie Le Méné, ancien magistrat à la Cour des comptes, portait sur deux observations, d’ordre juridique et sociologique.

« L’empoisonnement en France est puni de la perpétuité quand il est perpétré à l’encontre de personnes vulnérables. Comment peut s’articuler la loi sur l’aide à mourir – qui est matériellement un empoisonnement – avec sa criminalisation par le code pénal ? (…) Quant à l’objection fondée sur la volonté de la personne qui a demandé le suicide ou l’euthanasie, il faut rappeler que le consentement de la victime, en droit pénal, n’est jamais considéré comme une justification. (…)

Avec cette loi, l’État organise tranquillement le transfert de la régulation d’une démographie française vieillissante à l’arbitrage du peuple. Comme si l’État, en facilitant la mort là où il avait échoué à faciliter la vie, abandonnait ses citoyens les plus vulnérables à un choix biaisé. L’équation “seringue sur la table de nuit + perfusion de culpabilité” conduit mécaniquement à “suicide assisté + euthanasie”.»

Véronique Bourgninaud, fille d’un grand tétraplégique et mère de deux enfants handicapés, a partagé son inquiétude en rappelant le lien historique entre l’euthanasie et l’eugénisme d’État visant les personnes incurables ou handicapées.

« Permettez-moi un rappel historique qui résonne violemment chez les proches aidants. Toutes les lois euthanasiques que les eugénismes d’Etat ont mis en place au XXe siècle ont d’abord visé spécifiquement les personnes incurables ou handicapées et toujours sous motivation explicite de validisme et de bienfaisance médicale. On parlait alors de motif compassionnel, on parle aujourd’hui de motif fraternel. Mais le concept est le même. 

Pour nous, proches aidants, le parallèle historique est vertigineux. Il est évident que le piège conceptuel a son risque de résurgence en 2025. Nous, proches aidants, savons intuitivement qu’il n’existe pas une bonne et une mauvaise euthanasie. Nous savons aussi combien la notion d’autonomie est illusoire en situation de fragilité. Les risques d’abus, de coercition et d’emprise sont considérables. »

Écrivez à votre sénateur pour lui partager vos inquiétudes sur cette proposition de loi : elus.toutmaispasca.org

Partager l'article sur