Ce sera la grande nouveauté de la rentrée 2026 du côté de la Chaire internationale de bioéthique Jérôme Lejeune : le lancement d’une année de formation en bioéthique intégrée à un M2 de Biologie-santé, en partenariat avec l’ICES. Aude Dugast, directrice académique de la Chaire internationale de bioéthique Jérôme Lejeune, section francophone, nous explique :
1. Vous allez ouvrir en septembre 2026 un master 2 de bioéthique. Quel est son objectif et son public ?
Ce sera la grande nouveauté de la rentrée 2026 du côté de la Chaire internationale de bioéthique Jérôme Lejeune : le lancement d’une année de formation en bioéthique intégrée à un M2 de Biologie-santé. Nous travaillons conjointement avec l’ICES pour offrir ce nouveau parcours, Évolution des pratiques médicales et Bioéthique au sein du M2 Biologie-Santé de l’ICES. Ce cursus de bioéthique, permettant de valider un M2 diplôme national, est ouvert à tout étudiant en double cursus ou professionnel en activité ayant validé un master 1 dans le domaine de la biologie ou de la santé.
La Chaire internationale de Bioéthique Jérôme Lejeune propose déjà une Master-Class de bioéthique formant des étudiants en médecine ou jeunes professionnels de santé ayant validé une L3 (ou une L1, pour les étudiants en médecine). Le franc succès de cette formation – 850 étudiants formés en 8 ans– appelait un développement, car les étudiants se montraient désireux d’approfondir leurs acquis. Cette nouvelle formation, en master 2, est donc une très belle opportunité pour continuer à se former et réfléchir sur ces sujets complexes. Nous sommes très heureux de développer ce beau parcours avec l’ICES reconnu pour son excellence. L’ICES est membre de la Conférence des grandes écoles (CGE).
2. Quelle sera la spécificité de ce master ?
Cette formation interdisciplinaire est à la croisée de la recherche scientifique, de l’expérience médicale et d’une réflexion philosophique qui s’inscrit dans la droite ligne de la médecine hippocratique, et de l’enseignement de Jérôme Lejeune. Elle intègre une perspective fondamentale (fondements anthropologiques et éthiques) et appliquée (bio-droit, début et fin de vie, questions émergentes comme l’IA, les neurosciences, etc.) Ce sera un espace d’apprentissage, de réflexion, de discussions sur des études de cas, permettant de se préparer ou d’accompagner l’expérience professionnelle, à la lumière de l’éthique hippocratique.
Pour permettre un maximum de souplesse pour les étudiants, les cours ont lieu en ligne (de 19h à 22h, deux à trois soirs par semaine) complétés par 4 séminaires de 2 jours (vendredi, samedi) à Paris permettant aux étudiants de se rencontrer et d’avoir un contact direct avec les professeurs, ce qui est toujours très positif. Les enseignants sont professeurs de médecine, biologistes, philosophes, juristes.
3. Vous dites que l’enseignement proposé sera basé sur une bioéthique personnaliste. Qu’est-ce que cela veut dire ?
La bioéthique personnaliste réaliste est fondée sur la loi naturelle, la personne humaine et sa dignité et elle renoue avec la médecine hippocratique en l’actualisant au regard des problématiques contemporaines, tant philosophiques que scientifiques. Ce personnalisme fondé ontologiquement, a été développé par Elio Sgreccia, qui est l’un des grands bioéthiciens contemporains au niveau international. Il a créé et dirigé le Centre de Bioéthique de l‘Université du Sacré Cœur de Milan, en lien avec la Faculté de médecine et chirurgie de l’Hôpital Gemelli à Rome. Il est l’auteur de l’incontournable Manuel de Bioéthique, traduit en 12 langues.
La philosophie personnaliste propose de considérer la valeur centrale de la personne humaine comme critère de discernement pour savoir ce qu’il est techniquement possible de faire et ce qu’il est moralement licite de faire. Elle appuie cette recherche sur une anthropologie fondée sur la reconnaissance du caractère substantiel de l’être et de sa dignité intrinsèque, afin de donner les clefs de l’agir éthique. Comme la bioéthique est une éthique appliquée et comme l’éthique est un savoir pratique, son objectif fondamental n’est pas seulement de réfléchir sur son objet mais aussi de trouver et formuler des principes, des critères, qui guideront l’homme, pour que ses actions soient bonnes et que lui devienne meilleur. L’éthique conduit à donner le meilleur de soi-même, sur le plan personnel et professionnel. C’est donc une formation très enrichissante.
Pour qui ?
>Pour étudiants en double cursus et professionnels de santé ou scientifiques en activité
Niveau d’entrée : M1 biologie/santé validé
Diplôme
> Diplôme d’Etat obtenu : M2
Durée ?
> 120 heures de cours
> 18h-20h, 2 ou 3 soirs par semaine
Quand ?
1 an (de septembre 2026 à juin 2027)
Où ?
95 % en ligne (19h-22h, 2 à 3 soirs par semaine) + 4 séminaires de 2 jours (vendredi, samedi) à Paris
200 heures de cours
Infos et inscriptions auprès de l’ICES : https://ices.fr/formation/master-biologie-sante-bioethique/
Candidatures jusqu’au 15 juin.
