TROUVER UN TRAITEMENT POUR LES PERSONNES AYANT UNE TRISOMIE 21 :
QU’EST-CE QUE CELA VEUT DIRE ?

Une personne ayant une trisomie 21 souffre de déficience intellectuelle, conséquence la plus marquante du 3ème chromosome 21. Handicap le plus important pour la personne car il empêche d’être totalement autonome et pleinement elle-même.

Une personne ayant une trisomie peut aussi être touchée par plusieurs complications de nature à fragiliser sa santé : malformations cardiaques, troubles respiratoires, digestifs, orthopédiques, visuelle, sénescence précoce, etc. Ces complications ou anomalies peuvent aujourd’hui être dépistées chez tous les enfants et adultes. A l’Institut Jérôme Lejeune, elles peuvent être traitées et suivies grâce à la multidisciplinarité médicale et paramédicale.

D’autre part, de nouvelles approches scientifiques doivent permettre d’envisager la correction de la déficience intellectuelle, soit en inhibant certaines enzymes codées par des gènes présents sur le chromosome 21 et impliquées dans les déficits cognitifs, soit en intervenant sur les mécanismes de communication entre les cellules neuronales, soit encore et de façon plus théorique en mettant au silence le 3ème chromosome. La finalité à court et moyen terme de la recherche thérapeutique sur la trisomie 21 est prioritairement d’arriver à mettre au point un traitement améliorant, voire normalisant de façon idéale, les fonctions intellectuelles des personnes ayant une trisomie 21.

PROGRAMMES CONÇUS ET DEVELOPPES PAR LA FONDATION

La Fondation Jérôme Lejeune, grâce à la générosité de ses donateurs, développe des programmes de recherche sur la trisomie 21 en lien avec des unités de recherche de haut niveau français ou internationaux. Les programmes de recherche sont validés par le Conseil Scientifique de la Fondation qui comprend 25 chercheurs d’origine française ou étrangère.

Différents types de programmes existent :

  • Les programmes de recherche fondamentale : Ils ont pour vocation à décrypter et comprendre le fonctionnement des cellules et organes ainsi que les mécanismes provoquant des anomalies. Ces programmes sont de façon préférentielle centrés sur l’étude de différents types de cellules et de ses composants (cellules de l’organisme humain ou animal). La fonction et l’usage potentiel de certaines cellules souches (mésenchymateuses ou iPS d’origine non embryonnaire) sont aussi explorés. D’autres programmes étudient l’interaction des protéines cellulaires entre elles (Programme Inter PP).  Pour analyser la fonction des gènes et tester l’efficacité de certaines molécules, ces programmes de recherche utilisent parfois des modèles cellulaires, des modèles de levure ou des modèles animaux (souris et prochainement rat). C’est le cas du programme CiBleS 21 qui porte sur la recherche d’inhibiteur de l’enzyme CBS (Cystathionine Beta synthase) ou du programme DYRK1a qui cible la recherche d’inhibiteur de l’enzyme DYRK1a.
  • Les programmes de recherche clinique : en coordination étroite avec l’Institut Jérôme Lejeune, ses médecins et ses patients, la Fondation finance le suivi d’études cliniques de patients atteints de trisomie 21 : Acthyf, Respire21, Programme de recherche EGCG, en particulier, et le plus souvent en collaboration avec d’autres centres hospitaliers parisiens ou régionaux.
  • Les nombreux programmes de recherche externes financés par la Fondation à la suite d’ appels à projet : ce sont des programmes de recherche, fondamentaux ou cliniques, qui permettent de soutenir la recherche en France, en Europe et dans le monde et qui ont pour vocation d’améliorer la connaissance et le traitement de la trisomie 21 et autres déficiences intellectuelles d’origine génétique ( X Fragile, Rett, Smith Magenis ,maladie du Cri du Chat ….)

Des prix pour promouvoir la recherche : la Fondation attribue des prix annuellement à de jeunes chercheurs, en lien avec les universités françaises et travaillant dans le domaine des maladies génétiques de l’intelligence. Récemment la Fondation a décidé de créer des bourses post doctorales pour promouvoir la recherche sur la trisomie et les pathologies dites « croisées », c’est-à-dire des pathologies touchant les personnes atteintes de trisomie 21 et survenant également dans la population générale (telles l’autisme, le cancer ou l’Alzheimer..). La Fondation Sisley-d’Ornano finance une de ces bourses.

Soigner tous les aspects de la maladie

La synergie entre la recherche fondamentale, la recherche clinique et épidémiologique est sans aucun doute un élément déterminant permettant de faire progresser la recherche de traitements des maladies génétiques de l’intelligence telle que la trisomie21. Pour cela, des marqueurs d’efficacité des futures traitements spécifiques à cette population doivent être définis (tests psychomoteurs adaptés, imagerie médicale…). L’Institut contribue beaucoup à la définition de ces marqueurs.

L’Institut Jérôme Lejeune propose aux enfants et adultes atteints de trisomie 21 ou d’une autre maladie génétique de l’intelligence une prise en charge complète tout au long de leur existence, de la naissance à la séniorité grâce à la création récente d’une nouvelle consultation en gériatrie. La multidisciplinarité de l’Institut Jérôme Lejeune, l’attention particulière donnée à chacun des patients et à leur famille et accompagnants, le temps consacré à chaque consultation, permettent d’améliorer très sensiblement leurs conditions de vie et leur autonomie. Les patients sont entourés par des équipes médicales et paramédicales de très haut niveau clinique et scientifique comprenant généticien, pédiatre, psychiatre, gériatre, neurologue, neuropsychologue, orthopédiste, orthophoniste…
Chaque patient bénéficie au départ d’un bilan médical complet pour identifier sa maladie, ses causes et conséquences. Celui-ci permet, de dépister et éventuellement prévenir, les complications associées.

Si on ne sait pas encore guérir ces pathologies, on sait en revanche prévenir ou traiter la plupart des surhandicaps associés, tels que cardiopathie, épilepsie, troubles ORL et troubles respiratoires dont les apnées du sommeil ou les difficultés de langage. Mais le suivi de ces surhandicaps diffère suivant la maladie génétique qui touche le patient concerné. Des expertises et expériences très pointues sont indispensables pour améliorer la vie des patients.

En lien avec les familles et les accompagnants, la régularité du suivi médical et paramédical à l’Institut est une condition essentielle pour l’amélioration durable de la qualité de vie ainsi que pour l’intégration dans la société, à commencer par le milieu scolaire.

Acteur incontournable de la recherche médicale, l’Institut Jérôme Lejeune, grâce au soutien de la Fondation Jérôme Lejeune suit plus de 8200 patients et participe à de nombreux programmes de recherche. Un nouveau dossier patient informatisé facilite le suivi de ces patients et permet ainsi une meilleure approche épidémiologique, en complément de toutes les autres recherches effectuées.

Accélérer la recherche

En 2017, l’Institut lance le nouvel essai clinique Respire21 pour évaluer la pertinence d’un dépistage et d’une prise en charge précoces des troubles respiratoires du sommeil chez les nourrissons ayant une trisomie 21. Un groupe d’enfants ayant une trisomie 21 sera dépisté, appareillé si besoin et évalué trois ans après, et comparé à un groupe d’enfants non dépistés. Le projet démarrera au 1er trimestre 2017.

Un autre programme démarrera  en 2017 à l’Institut. Il sera soumis à l’Agence Nationale de Sécurité des Médicaments (ANSM). Ce programme doit permettre de complémenter les données existantes sur un intérêt potentiel de l’EGCG, molécule extraite du thé vert.

En 2017, l’Institut achèvera l’essai clinique ACTHYF celui-ci évalue le bénéfice d’un apport en acide folique associé à un supplément d’hormone thyroïdienne. Cet essai n’a pu être effectué que grâce à l’implication majeure des enfants inclus et de leurs familles, suivis à l’Institut Jérôme Lejeune.

Par ailleurs, riche de milliers d’échantillons (plasmas, ADN, lignées de cellules), la bio-banque de l’Institut (Centre de Recherche Biologique BioJeL®) est maintenant à la disposition des chercheurs du monde entier. Chaque échantillon est lié à des données cliniques ou biologiques de façon totalement anonymisée.

Faits marquants

8 322 patients suivis (+ 5% par rapport à 2015)

• 83% des patients ont une trisomie 21, + de 250 syndromes traités !
• 49 nouveaux patients par mois (+ 6% par rapport à 2015)

L’Institut est engagé dans 4 programmes de recherche en 2017,
dont Respire21 :

• 80 enfants
• 2 acteurs : l’Institut Jérôme Lejeune et l’hôpital Necker-Enfants Malades de Paris
• Des médecins et paramédicaux de l’Institut et de l’Hôpital Necker Enfants Malades
• 2 ans d’inclusion et 3 ans de suivi
• Budget estimé de l’étude pour 5 ans : 780 000 euros.
• 4 985 échantillons dans la biobanque (+ 16 % en un an)

 

PROGRAMMES DE RECHERCHE DE L’INSTITUT SUR LA TRISOMIE 21 :

Respire21

Objectif :

Selon la littérature¹ la prévalence du syndrome d’apnées obstructives du sommeil (S.A.O.S.) est de l’ordre 30 % à 50% chez les jeunes enfants ayant une trisomie 21 contre 2 % à 4 % dans la population pédiatrique générale.

Le diagnostic clinique est difficile. Ainsi celui-ci n’est souvent pas effectué ou effectué trop tardivement. Et pourtant, en présence d’un dépistage positif, une prise en charge existe.

Le traitement des troubles respiratoires du sommeil est aujourd’hui bien connu (notamment : ablation des amygdales, voire assistance ventilatoire nocturne si le traitement local ORL est insuffisant). En revanche, le dépistage est très aléatoire et souvent trop tardif.

Le seul examen fiable est la polysomnographie (P.S.G.) qui permet de détecter et de quantifier les événements respiratoires, d’analyser l’architecture et la qualité du sommeil avec les stades de sommeil et la gazométrie nocturne.

Aujourd’hui, les recommandations américaines n’envisagent pas de mettre en œuvre ce dépistage avant l’âge de quatre ans.²

Les troubles respiratoires du sommeil ont des répercussions sur le développement cognitif et psychomoteur de l’enfant. Les effets délétères du S.A.O.S. sur le développement neurocognitif et le comportement sont bien connus : hypotonie, comportement scolaire plus inadapté, diminution du QI verbal et de la flexibilité cognitive.

Par ailleurs, chez les nourrissons ayant une trisomie 21, de nombreux cliniciens ont constaté que le dépistage et la prise en charge des troubles respiratoires du sommeil permettent un bien meilleur développement neurocognitif et psychomoteur avec moins de troubles du comportement.

Ainsi, dépister et traiter précocement les troubles respiratoires du sommeil est un enjeu de santé majeur pour les jeunes enfants porteurs de trisomie et leurs familles !

Descriptif de l’étude* :

* programme en cours de soumission aux Autorités Administratives

Notre hypothèse, qui s’appuie sur notre expérience clinique, est qu’un dépistage systématique associé à une correction optimale du S.A.O.S. pendant les 3 premières années de la vie, pourrait sensiblement améliorer leur pronostic neurocognitif, leur comportement, leur autonomie et intégration dans la société, et, in fine, alléger nos dépenses publiques.

Cette hypothèse doit donc être démontrée dans le cadre d’un projet de recherche clinique.

Dans ce cadre, deux groupes seront constitués :

  • Un groupe de 40 enfants ayant une trisomie 21, qui seront suivis de façon prospective, et qui bénéficieront d’une P.S.G. à domicile tous les 6 mois jusqu’à l’âge de 3 ans.
  • Un groupe dit « témoin » ; ce groupe sera composé de 40 enfants, qui n’auront pas bénéficié à l’âge de 3 ans d’une P.S.G.

Tous ces enfants bénéficieront à l’âge de trois ans d’une évaluation neurocognitive et comportementale . La comparaison des résultats permettra de comparer le rôle de ce dépistage et de la prise en charge adaptée des troubles du sommeil en cas de dépistage positif.

Le projet démarrera en mars 2017 pour une durée de 5 ans : 2 ans d’inclusion et 3 ans de suivi des enfants.

Repère :

Ce projet associe deux acteurs institutionnels majeurs de la prise en charge de la trisomie 21 et des troubles respiratoires du sommeil de l’enfant :

L’Institut Jérôme Lejeune et l’hôpital Necker, et plus particulièrement le Professeur Brigitte Fauroux, responsable de l’Unité de ventilation non invasive et du sommeil de l’enfant, unité de référence en France pour le dépistage et le traitement des apnées du sommeil de l’enfant et du nourrisson.

Le budget total de l’étude pour 5 ans est estimé à 783 000 €.

Pour résumer, Respire21 en chiffres, c’est :

  • 80 enfants
  • 2 acteurs : l’Institut Jérôme Lejeune et l’hôpital Necker
  • 2 ans d’inclusion et 3 ans de suivi
  • Budget estimé de l’étude pour 5 ans : 780 000 euros.

¹ – Maria S. Trois, et al .Obstructive Sleep Apnea in Adults with Down Syndrome J Clin Sleep Med. 2009 Aug 15; 5(4): 317–323.
Wood A, Sacks B. Overcoming sleep problems for children with Down syndrome. Down Syndrome News and Update.
2004;3(4);118-127
² – Bull MJ et al , Pediatrics, 2011, 128 (2) 393-406

CiBleS21

Coloration de protéine. Copyright Inserm/UPMC/CNRS/AIM

CiBleS21 est un programme de recherche fondamentale conçu et piloté par la Fondation Jérôme Lejeune.

Objectif :

Le programme de recherche CiBleS21 vise l’identification d’un inhibiteur pharmacologique de l’enzyme CBS (Cystathionine-Béta-Synthase), pour traiter la déficience intellectuelle des patients atteints de trisomie 21. Il a été lancé à partir des observations cliniques, initiées par le Professeur Lejeune dans les années 80. Depuis, les résultats plus récents publiés par différentes équipes de recherche ont confirmé que l’enzyme CBS était une cible de choix.

Le gène CBS, présent sur le chromosome 21, est surexprimé chez les patients atteints de trisomie 21. Il code pour l’enzyme CBS régulant des réactions biochimiques importantes pour l’équilibre des cellules notamment au niveau du système nerveux. L’excès de CBS provoque d’importantes anomalies dans le cycle de la méthionine, à l’origine de déficits cognitifs.

Inhiber l’activité excessive de la CBS devrait donc améliorer le fonctionnement cellulaire et, en conséquence, atténuer la déficience intellectuelle des personnes atteintes de trisomie.

Descriptif de l’étude :

Prévu dès l’origine pour durer 10 à 15 ans, CiBleS21 mobilise depuis son lancement en 2004 près d’une vingtaine d’équipes de chercheurs. Plusieurs méthodes complémentaires sont poursuivies pour identifier des molécules susceptibles d’inhiber la CBS. On sait que le dysfonctionnement de cette enzyme a des effets dans d’autres pathologies. Or il existe aujourd’hui sur le marché du médicament certaines molécules inhibitrices de CBS déjà commercialisées avec d’autres indications que la trisomie 21. Deux d’entre elles sont en test d’activité chez la souris trisomique. Les premiers résultats sont prometteurs.

Modèles animaux de la trisomie 21 :

Projet co-financé par la Fondation Jérôme Lejeune et la Fondation Bettencourt.

La recherche fondamentale passe par le développement d’outils de modélisation des pathologies : les modèles cellulaires et animaux, qui permettent de comprendre les conséquences des accidents génétiques, de proposer des hypothèses de travail, de les confirmer et d’orienter les pistes de recherche.

La génération de plusieurs modèles de souris génétiquement modifiées a été un succès pour mieux comprendre la trisomie 21 et en découvrir les premières pistes de traitement. Cependant les modèles murins sont limités pour les tests comportementaux ce qui légitime le modèle Rat T21.

La Fondation, en partenariat avec l’ICS¹, l’IGBMC² et une fondation privée, a lancé un projet de recherche pour mettre au point des rats modèles de trisomie 21. Ces modèles sont plus difficiles à manipuler génétiquement mais permettront de faire des études cognitives et pharmacologiques plus approfondies, et donc d’affiner les connaissances scientifiques fondamentales de cette maladie.

¹ Institut Clinique de la Souris
² Institut de Génétique et de Biologie Moléculaire et Cellulaire
Acthyf
Superposition d'images obtenues en microscopie ionique d'un échantillon de thyroïde.

Superposition d’images obtenues en microscopie ionique d’un échantillon de thyroïde. Copyright Inserm

Acthyf
Acthyf est un essai clinique s’inscrivant dans la continuité de l’étude ENTRAIN.
Le protocole ACTHYF vise à mesurer l’efficacité d’un traitement par acide folinique et hormone thyroïdienne sur le développement psychomoteur du jeune enfant ayant une trisomie 21 (6 – 18 mois).

Plus précisément, il a pour objectifs d’évaluer sur une période de un an :

  • l’efficacité d’un traitement systématique par L-thyroxine à dose contrôlée cliniquement et par dosage ultrasensible de la TSH
  • l’efficacité d’un traitement systématique par acide folinique à la dose de 1mg/kg/j
  • l’interaction éventuelle entre ces deux traitements.

Cette étude est en partie basée sur les résultats de l’étude ENTRAIN, réalisée à l’Institut Jérôme Lejeune et publiée dans le Journal PlosOne en Janvier 2010¹ : cette étude clinique a fait apparaître un possible effet bénéfique de l’acide folinique sur le développement psychomoteur de jeunes patients ayant une trisomie 21. Cet effet était plus marqué chez les patients recevant en même temps de l’hormone thyroïdienne T4. Or cette hormone, pour jouer un rôle importante dans le développement cérébral des jeunes enfants (porteurs de trisomie ou non), était déjà connue pour être plus basse chez les enfants ayants une trisomie 21 que chez les autres enfants.

Il est donc apparu nécessaire de vérifier ces résultats préliminaires et de vérifier l’éventuelle synergie thérapeutique entre l’acide folinique et l’hormone thyroïdienne.

Si les résultats positifs sont confirmés, des données métaboliques (état redox, biochimie des folates) et génomiques (mutations dans des gènes du métabolisme des folates) seront examinées grâce à la collaboration de centres universitaires de recherche.

¹ Effect of leucovorin (folinic acid) on the developmental quotient of children with Down’s syndrome (trisomy 21) and influence of thyroid status. Blehaut H, Mircher C, Ravel A, Conte M, de Portzamparc V, Poret G, de Kermadec FH, Rethore MO, Sturtz FG. PLoS One. 2010 Jan 11;5(1)

Descriptif de l’étude :

Les patients sont répartis de manière aléatoire dans 4 groupes distincts de traitement :

Acthyf image

La répartition au hasard des patients éligibles dans chacun des groupes a pour but d’assurer que ces groupes sont rigoureusement semblables en tous points, excepté en ce qui concerne le traitement administré.

Chaque enfant prend le traitement pendant un an, et se rend à l’Institut Jérôme Lejeune pour trois visites.

Le critère d’efficacité est le développement psychomoteur évalué avec le test Griffith.

Validé par le Conseil Scientifique de la Fondation Jérôme Lejeune, ACTHYF a reçu un avis favorable du Comité de Protection des Personnes (CPP) et de l’Agence Nationale de Sécurité des Médicaments (ANSM) en 2011. Un comité composé de médecins experts indépendants se réunit chaque année pour veiller à la sécurité de l’étude.

Repères :

ClinicalTrials.gov Identifier : NCT01576705
• L’Institut Jérôme Lejeune est Promoteur et Centre Investigateur de cet essai.
• Etude monocentrique, de phase 3, comparative, médicamenteuse contrôlée contre placebo, randomisée, en double aveugle, à groupes parallèles.
Durée globale prévisible de l’étude : 5 ans. Elle a débuté en avril 2012.
Recrutement de 175 patients inclus.
• 17 collaborateurs de l’IJL, 5 experts scientifiques externes, 6 équipes prestataires
Investigateur principal : Dr Clotilde MIRCHER
Conseiller scientifique : Pr Franck STURTZ

Tesdad
Image en PyMOL de la Dyrk1A

Image en PyMOL de la Dyrk1A

Tesdad est un essai clinique soutenu et financé par la Fondation Jérôme Lejeune.

 

Objectif :

L’étude TesDAD vise à évaluer l’amélioration des performances cognitives des patients traités par EGCG (épigallocathéchine gallate), extrait du thé vert et inhibiteur naturel de l’enzyme DYRK1A.

Le gène DYRK1A, situé sur le chromosome 21, code pour une enzyme impliquée dans le contrôle du fonctionnement des cellules neuronales et du développement cérébral. Des travaux pionniers, effectués notamment par les équipes de recherche dirigées par les Professeurs Jean Delabar (Paris, France) et Mara Dierssen, PhD (Barcelone, Espagne) ont mis en évidence le rôle de DYRK1A chez les souris trisomie 21 (Ts65Dn). Ils émettent l’hypothèse que la limitation de la production de cette enzyme DYRK1A devrait réduire le dysfonctionnement intellectuel du patient.

La Fondation soutient ces recherches.

Le Professeur Jean Delabar a identifié un inhibiteur naturel de DYRK1A – Epigallocathéchine gallate (EGCG) – qui est extrait du thé vert. Sur le modèle animal, le traitement par EGCG améliore les performances des souris. Le Professeur Mara Dierssen lance ensuite un premier essai clinique chez l’homme : TesDAD.

 

Descriptif de l’étude :

L’équipe de Barcelone s’est associée pour conduire son essai à Rafaël de la Torre, directeur du programme de Recherche en pharmacologie et neurosciences cliniques humaines à l’IMIM (Institut Hospital del Mar d’Investigacions Medices) à Barcelone. La molécule a été testée chez des patients atteints de trisomie 21 âgés de 18 à 30 ans. Chaque patient prend le traitement pendant un an associé à un protocole de stimulation cogitive.

Les effets du traitement à l’EGCG versus placebo ont été mesurés par l’évaluation des performances cognitives (tests de QI, d’attention, de mémoire, de langage, etc.). Ont été également mesurés certains biomarqueurs : oxydation des lipides, du cholestérol, de DYRK1A (homocystéine plasmatique, etc.). Le suivi des patients est effectué également par des techniques d’imagerie cérébrale.
Les premières analyses de TesDAD sont prometteuses et feront l’objet d’une publication prochaine.

 

Repères :

• ClinicalTrials.gov Identifier : NCT01699711
• Etude monocentrique, de phase 2, comparative, randomisée, en double aveugle, à groupes parallèles.
• L’étude a débuté en 2012.
• Recrutement de 87 patients.

Transcriptome

 

Boite de stockage des congélateurs. Copyright Inserm/Delapierre Patrick

Boite de stockage des congélateurs. Copyright Inserm/Delapierre Patrick

Objectif : génome et trisomie 21 :

On a depuis longtemps constaté la grande variabilité des capacités intellectuelles parmi les personnes porteuses de trisomie 21. L’objectif du projet «Transcriptome-trisomie 21 » était de déterminer, de reconnaître et d’exploiter l’information génomique caractéristique de la personne atteinte de trisomie 21 afin de déterminer la ou les causes pouvant expliquer cette variabilité.

L’idée consistait à déterminer le profil d’expression des gènes, c’est-à-dire le transcriptome, profil caractéristique pour chaque patient donné. Il fallait donc quantifier les transcrits des gènes chez des patients porteurs de trisomie 21 en fonction du degré d’atteinte de sa déficience intellectuelle : faible ou forte, selon les critères du Quotient Intellectuel en comparaison à ceux de personnes saines.

Le but initial était de découvrir des biomarqueurs sanguins, c’est à dire des gènes exprimés dans les cellules du sang (test diagnostic non invasif) permettant de caractériser une population spécifique de patients et d’initier un développement ciblé de nouveaux médicaments innovants, permettant ainsi le suivi du patient. En d’autres termes, il s’agit de pouvoir adapter le traitement aux besoins du patient et de favoriser l’utilisation de nouvelles approches thérapeutiques potentielles.

Descriptif de l’étude :

Notre approche a permis de dresser la liste des gènes exprimés dans 2 groupes de patients adultes (âgés de 18 à 40 ans) aux développements et coefficients intellectuels « forts » contre « faibles ». Au total, 80 gènes potentiellement intéressants ont été sélectionnés après l’analyse du transcriptome.

Parmi ce groupe, deux gènes du système HLA, HLA DQA1 et HLA DRB1, ont montré des différences très significatives quant à leur niveau expression entre les 2 groupes. Le système HLA a déjà été décrit comme pouvant être un facteur de risque pour certaines pathologies chez les personnes porteuses d’une trisomie 21, comme les maladies cœliaques.

Le profil d’expression d’autres gènes a également été analysé tel que celui de l’enzyme CBS (cystathionine β -synthase) ou celui du gène APP (Amyloid Precursor Protein), tous deux surexprimés dans le groupe QI faible. Il est intéressant de noter qu’un excès d’APP est à l’origine de l’accumulation dans le cerveau de plaques amyloïdes pouvant aboutir à une maladie d’Alzheimer.

Egalement, cette étude nous aura permis de mieux comprendre des observations antérieures. Nous avons analysé le gène GART qui code pour une
enzyme qui joue un rôle essentiel dans la biosynthèse des bases puriques et, pu comprendre certaines observations faites par le Pr Lejeune et par le Dr Marie Peeters en 1993 sur certains de leurs patients atteints de trisomie 21 qui présentaient des troubles psychiatriques.

Perspectives :

A notre connaissance, aucun lien n’avait à ce jour été établi entre déficience intellectuelle liée à la trisomie 21 et expression de gènes tels que ceux appartenant au système HLA. Il s’agit maintenant d’approfondir ce constat et de comprendre en quoi et pourquoi des gènes comme HLA-DQA1 et HLA-DRB1 sont des bio-marqueurs pouvant prédire une différence au niveau du QI chez les patients trisomie 21.

 

Références :

André Mégarbané, Florian Noguier, Samantha Stora, Laurent Manchon, Clotilde Mircher, Roman Bruno, Nathalie Dorison, Fabien Pierrat, Marie-Odile Rethore, Bernadette Trentin, Aimé Ravel, Marine Morent, Gerard Lefranc, and David Piquemal.
The intellectual disability of trisomy 21: differences in gene expression in a case series of patients with lower and higher IQ.
European Journal of Human Genetics (Feb 2013).

 

 

Des programmes ciblant la chaîne de mise au point d’un médicament à toutes ses étapes

 


 

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